coup de coeur
22 Septembre 2015

Jaga Jazzist

Starfire

par Raphaël Dugué

Au cours de ses vingt années d’existence, Jaga Jazzist s’est affirmé comme l’un des groupes les plus excitants de la scène jazz norvégienne. Le dernier album des Scandinaves, Starfire, fait suite au très apprécié One-Armed Bandit et au live enregistré avec le Britten Sinfonia de Londres. Ces deux disques s’étaient éloignés de l’électro jazz des débuts pour aller vers un rock progressif d’excellente facture (l’un des morceaux de One Armed Bandit s’intitule même « Prognissekongen » : le roi des elfes proggeux).

Avec son packaging ingénieux qui fait scintiller un artwork psychédélique et un design résolument moderne, la pochette de l’album donne déjà un indice sur son contenu. En effet, Starfire s’ouvre sur une ambiance psyché et mystérieuse, les synthétiseurs font rapidement leur apparition marquant le retour vers l’électro. Mais au lieu de s’exprimer dans les formats courts de ses débuts, les Norvégiens proposent des titres aux longs développements comme sur Live With Britten Sinfonia. La musique possède un côté très évocateur, le morceau éponyme est par exemple une bataille entre les synthétiseurs et la batterie, « Big City Music » raconte l’émerveillement de la traversée nocturne d’une mégalopole moderne. Mais le sommet de Starfire est certainement « Oban », sur lequel une rythmique implacable fait monter la tension avant de laisser éclater sa puissance, l’électronique, l’électrique et l’acoustique se mêlant alors dans une bouleversante phrase mélodique. Même si la musique de Jaga Jazzist possède des arrangements et des rythmes complexes, le groupe parvient à rester accessible grâce à un sens de la mélodie toujours intact. Les orchestrations subtiles permettent d’alterner les moments grandioses et les passages plus intimistes tout en gardant une intensité propre à la formation scandinave.

Starfire prouve que le collectif norvégien est l’un des plus passionnants de la scène progressive nordique, c’est une œuvre essentielle à la beauté déconcertante qui marque l’apogée d’une discographie sans failles.

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