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18 Septembre 2015

Steve Hughes

Tales From The Silent Ocean

par Florent Canepa

Le batteur Steve Hughes n’est pas un nouveau venu dans la sphère progressive, loin de là, puisqu’il a officié à bord du culte Big Big Train pendant près de deux décennies avant d’être remplacé par le non moins talentueux Nick D'Virgilio. Il aura fallu quelques années de répit (et de travail aussi) à l’homme avant de pouvoir créer sa propre formation et livrer ce qui fait aujourd’hui office de premier album solo.

Tales From The Silent Ocean constitue une marmite d’influences progressives dites « classiques », de Genesis, Marillion à Rush (Steve a offert ses baguettes à un tribute band des Canadiens à une époque), le tout saupoudré d’accents synthétiseur bienvenus qui font parfois penser à Vangelis (le long et très réussi premier titre). Les morceaux débutent souvent de manière un peu banale mais déploient rapidement un kaléidoscope d’ascendances (des guitares à la Dire Straits sur « Tapestry of Change »). Sean Filkins (autre rescapé du train) se pose en sosie de Peter Gabriel tandis que Steve et d’autres invités à la fête donnent aussi de la voix. Le mélange des styles et des registres donne à l’album sa tonalité conceptuelle, soit une narration faisant état d’un écrivain qui tombe peu à peu dans la démence alors qu’il analyse les échecs de sa vie. Il trouvera finalement la paix auprès de Dame Nature (le fameux océan). Les petits écarts électroniques – presque comme chez Ozric Tentacles– aident à donner du relief pour qu’il ne s’agisse pas seulement d’une fable un peu vaine.

Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si de régulières fautes de goût ne venaient pas égratigner voire entamer l’ambition (et l’homogénéité) du projet. « Willow’s Lament » et ses accents celtiques louchent chez Fish sans arriver à concurrencer l’œuvre du chanteur écossais. Les courts « Free Fall » ou « Goodbye my love » avec voix féminine sont tout simplement dénués d’intérêt. « 50/50 Zone » et sa batterie aux claps sent un peu le formol malgré de bons passages. Ajoutons à cela une production tout en aigus qui laisse peu de place à la rondeur. Pourtant, on retrouve aux commandes un capitaine du mastering, Simon Hanhart, qui a déjà travaillé avec des pointures comme Asia et même David Bowie (souvenez-vous, Tin Machine !).

De l’ensemble émanent de douces effluves du passé qui parfois font mouche (paradoxalement sur les tires longs comme « Sunshine Willow » et son méli-mélo de claviers guitares sympathique et bavard). Mais cet océan vient souvent tranquillement s’échouer sur le rivage pour ne former que des vaguelettes. On aurait bien gardé l’écume, soit quelques titres phare (sans jeu de mot), car l’écume, à défaut d’être puissante, est toujours belle à contempler surtout lorsqu’on est un grand nostalgique.

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