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15 Septembre 2015

Scherzoo

03

par Aleksandr Lézy

Après deux albums, 01 (2011) et 02 (2012), Scherzoo est de retour avec un troisième 03 et une toute nouvelle équipe sous la direction de François Thollot dont le premier disque solo Contact comprenait la section rythmique de One Shot (Philippe Bussonnet et Daneil Jeand’heur). Entre Canterbury et Zeuhl, Scherzoo manipule l’art du mélange au profit d’une musique aventureuse et résolument jazz.

Totalement instrumentale, cette dernière s’articule autour de trois instruments principaux, basse/batterie/clavier ainsi que deux autres, guitare/saxophone jouant plutôt le rôle de mini solistes accompagnants. Sur les neuf titres, six sont à rattacher à Scherzoo, les trois derniers faisant partie d’un projet annexe de François Thollot.
L’écriture est plutôt Canterbury, une aura Zeuhl planant au-dessus. Donnant un aspect très charnu aux morceaux, cette approche a pour effet de procurer deux sensations à l’écoute. La première est d’offrir des mélodies travaillées, denses et surtout mémorisables ! La deuxième, pour le moins culottée, est de retenir une hargne prête à exploser à tout moment.
Le revers de la médaille, c’est que ça n’arrive jamais. Pourtant, il y a comme un mur entre les trois premiers et trois morceaux suivants : une face claire et une seconde obscure, que l’on touche du doigt sur l’énergique et long « Contagion ».
Le cadre compositionnel strict que s’est donné François Thollot et l’arrivée de nouveaux musiciens a entravé, semble-t-il, le travail de cohésion de groupe. Le jeu, bien que parfaitement exécuté dénote d’une osmose réelle. La très naturelle production mixée par Jean-Pascal Boffo et masterisée par Udi Koomran apporte une fraîcheur et une proximité avec l’auditeur. Cependant, le traitement sonore ne révèle aucune prise de risque. Tous les sons apparaissent sur un plan ne donnant que très peu de relief à l’ensemble.

03 ne remplit pas complètement le contrat, même si la démarche et les idées sont au rendez-vous. Scherzoo réussit à étonner voire surprendre par certains côtés mais ne déclenche pas l’effet d’émoi. François Thollot aurait pourtant de sacrés cartes à jouer.

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