coup de coeur
03 Septembre 2015

Failure

The Heart Is a Monster

par Maxime Delorme

Dix-neuf ans ! C'est le laps de temps qui sépare The Heart Is a Monster de Fantastic Planet précédent album des Américains de Failure. Ils n'ont clairement rien à apprendre d'Axl Rose ! Ces années n'auront cependant pas été utilisées à mauvais escient puisque, de retour de break en 2014, le groupe présente au public ce nouvel album, un véritable petit bijou.

Estampillés rock alternatif dans les années quatre-vingt dix, Failure s’avère être bien plus complexe que cette « simple » étiquette. Cet album en est la preuve : c'est une ode à cette diversité cohérente qui fait l'apanage des grands groupes ! Un démarrage en trombe («  Hot Traveler ») signe d'un Alice in Chain surproduit, nous catapulte au dessus d'un paysage de ce qui se fait de mieux dans le « rock ». Des morceaux énergiques (« The Focus »), aux balades planantes légèrement dissonantes (« Snow Angel »), du riff blindé d'effets qui reste en tête (« Counterfeit Sky ») aux rythmes lents d'une basse entêtante (« I Can See Houses »). Tout est bon dans The Heart is a Monster : il n'y a définitivement rien à jeter. Ken Andrews et ses comparses ont écrit ici un album d'une versatilité impressionnante.

Si le côté planant prend le dessus sur la majorité des pistes, le trio sait comment pousser le volume et occuper l'espace. Failure n'est peut être qu'un trio, mais il occupe énormément de place. Chaque note est précise et tout l'album est soigné dans un élan vertigineux de bon goût : la production est extrêmement réussie, l'ensemble jouit d'une excellente dynamique, le chant posé sans excès, les effets électroniques sobres, même le son typiquement grunge de la basse est soigné. En revanche, pour les fans de Fantastic Planet, il faut quand même admettre que le groupe s'est sérieusement assagi. Les compositions sont moins aventureuses et certainement moins empreintes de cette violence sourde qui fait la marque de fabrique de l'album précédent. C'est une saveur assez différentes qui se dégage de The Heart is a Monster … Mais une atmosphère assez unique dans laquelle on reconnaît sans mal le groupe cité comme inspiration majeure par un paquet d'artistes des années 90/2000, en tête desquels on trouve Billy Howerdel de A Perfect Circle.

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