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01 Septembre 2015

Between The Buried And Me

Coma Ecliptic

par Florent Canepa

Déjà plus de dix ans d’activité au compteur pour le très rodé combo américain Between The Buried And Me. Plus varié et moins académique qu’un Dream Theater, le quintet donne à entendre des choses qui brossent dans le sens du poil le metal, les variations jazz, l’opéra ou encore le death couleur grind. Bref, un mélange extravagant et assez savant dans l’interprétation. L’évolution du groupe est intéressante à suivre en tant que telle car l’ensemble se mue de façon de plus en plus palpable en bête progressive se plaisant à enchaîner ruptures de tempo et mises en scène. On en ferait presque un concurrent brutal du géant susmentionné. A cet égard, « Turn on the darkness » ou « Option Oblivion » sont structurellement similaires à une pièce de DT ou Transatlantic jusque dans quelques soli bien tissés.

Cet album fait avant tout les yeux doux aux amateurs de metal donc, car sa carrosserie riffée sillonne les routes empruntées par Voivod (« The Coma Machine »), Manilla Road ou Annihilator (le tapping de Famine Wolf » se mêlant aux délires opératiques). Pour couronner le tout, quelques facéties électroniques et synthétiques sont mises en exergue pour l’occasion (réminiscence de Tangerine Dream sur « Dim Ignition »). La production puissante lie les titres sans rupture comme un voyage trapu et souvent hargneux. Il en ressort tout de même une ouverture appuyée vers les mélodies, notamment grâce à la régularité des mélopées piano. Une prouesse : tout y est digeste là où certains concurrents orientés djent ou death jazz (Trepalium) ont un abord plus difficile. « The Ectopic Stroll », sans doute le morceau le plus épileptique de l’album, fait par exemple penser à Haken, surtout sur la fin. La gamme vocale de Tommy Giles Rogers est dans ce cadre un régal, tantôt très angélique (le début de « King Redeem »), tantôt hardcore, tantôt opérette foutraque.

Difficile de faire des reproches à ce monolithe, d’ailleurs, ne tergiversons pas car Coma Ecliptic est une réussite sur beaucoup de plans : la production, les compositions, la pochette Grey’s Anatomy au pays de Breaking Bad, l’homogénéité. Certains morceaux sont certes moins intéressants (« Memory Place » semble tout droit sorti du petit manuel de progressif illustré…) et les allergiques aux voix growl devront passer leur chemin. Mais on ne peut qu’applaudir des deux mains et taper des deux pieds devant un tel travail d’orfèvre qui éclipse – c’est le cas de le dire - celui de beaucoup d’autres.

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