coup de coeur
25 Août 2015

Yaron Herman

Everyday

par Thierry de Haro
dans

Liberté !

Dès les premières notes du nouvel album de Yaron Herman, Everyday, cette sensation d’évasion musicale s’impose comme une évidence. Oscillant entre jazz, classique et rock, le pianiste israélien cueille les émotions de l’auditeur pour les déposer en des contrées enjouées, éthérées ou nostalgiques.

Bien évidemment, sur ce septième album, on retrouve cette multiplicité d’influences que Yaron a toujours su mettre en exergue dans ses oeuvres précédentes, et dont on reconnaîtra de façon unanime qu’elle constitue l’une de ses grandes qualités. Mais Everyday est sans doute plus que cela, car il met en lumière une profonde inspiration musicale, ainsi qu’une maturité étonnante. Est-ce dû au retour d’un duo piano/batterie, tel qu’il était apparu lors du premier album Takes 2 To Know, sorti avec Sylvain Ghio ? Peut-être … car l’exercice n’est pas inconnu du pianiste, et douze ans se sont écoulés entre ces deux albums, période durant laquelle Yaron a excellé dans diverses formules, s’enrichissant d’expériences musicales en perpétuelles évolutions.

Aussi, il n’est point besoin de lire dans le marc de Bourgogne – autant le boire – pour constater que Ziv Ravitz aux baguettes et Yaron Herman affichent une incroyable complicité. L’association de ces deux-là provoque des étincelles, tant l’énergie créatrice est présente : Esbjörn Svensson Trio au sommet de leur gloire (période Strange Place For Snow / Seven Days Of Falling) vient inévitablement à l’esprit, pensées ravivées par le son des cordes du piano, percutées par le rythme syncopé de la batterie. Il y a dans tout cela un côté sauvage, bien que parfaitement maîtrisé – et l’on perçoit, inconsciemment peut-être, cette approche roots de la musique, sorte de retour aux sources, comme un mélange de force et de pureté. Et puis, il y a cette tranquillité… Comment ne pas être aspiré par la quiétude de titres tels que « In Open Hands », « Five Trees  » ou « Retrograde », dont les notes s’égrènent sur fond de nostalgie planante ?

De toute évidence, cet album va au-delà d’un disque de jazz : il constitue un véritable patchwork musical - l’enchaînement du magnifique « prélude N°4 » de Scrabin avec le tempo ravageur de « Children Don’t Always Play Fair » est un vrai bonheur ! Un dialogue permanent entre atmosphères mélancoliques et ambiances trépidantes, mis en valeur par le talent des deux musiciens qui vagabondent entre audace et génie, pour conduire le mélomane sur le chemin de l’extase.

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