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24 Août 2015

Argos

A Seasonal Affair

par Florent Canepa

Argos est un nouveau cadeau du productif label allemand Progressive Promotion qui nous avait déjà offert entre autres les excellents Invertigo, mais aussi le précèdent album du groupe, reprenant un historique débuté avec Musea. L’originalité d’Argos réside dans son fin mélange de néo progressif et de pop teintée années quatre-vingt exprimée dès le titre d’ouverture. Point de longs discours, les morceaux sont ici concis et droit au but (sauf un), ce qui n’est pas sans donner un aspect très rafraîchissant à l’ensemble. La voix grave du maître de cérémonie Thomas Klarmann y est sans doute pour quelque chose : sans effet de style ou fioriture, elle apparaît plus que dépouillée comme chez Roxy Music, un certain Bowie et plus proche de nous, Andy Tilllison (dont le clavier est présent sur l’album) … auquel on reproche parfois (il est vrai) une forme de monotonie.

Au troisième titre (« Silent Corner », très réussi mélodiquement), il faut regarder les influences du côté de Genesis première période ou même de l’école Canterbury. Plutôt celle policée de Camel que la plus excentrique et psychédélique branche de Steve Hillage ou Gong (« Forbidden City » et sa flûte sage). Ce qui est intéressant, c’est savoir ce qu’apporte vraiment A seasonal affair au regard des trois albums précédents et l’argumentation est alors plus ardue. La belle addition est sans doute la force plus évidente de Rico Florczak qui sait créer de savantes effluves de guitare tout au long du disque. Les morceaux bonus revisitent proprement le premier album et démontrent une force qui s’affirme avec le temps (mais étaient-ils vraiment utiles ?). La plus grande diversité (le symphonique « Lifeboats ») s’exprime aussi sur la longueur, à l’image de « Not In this Picture », la pas si bavarde pièce de l’album qui démarre comme Simon and Garfunkel et s’étire en discours Flower Kings. Certains noteront d’ailleurs des similitudes avec le super groupe suédois, le flegme british en plus. Pourtant ils sont allemands, allez comprendre. Mais les fans de Roine Stolt diront qu’Argos a le moog un peu mou et les cordes un peu courtes malgré de louables efforts.

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