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21 Août 2015

The Nerve Institute

Fictions

par Aleksandr Lézy

D’habitude, c’est la somme des musiciens qui fait la richesse des influences et qui ouvre la porte à des résultats parfois intéressants voire originaux. Avec The Nerve Institue c’est le contraire. Mike Judge, un américain multi-instrumentiste habile et malin, nous inonde de sa culture. Si Fictions n’est pas vraiment le deuxième album du musicien, c’est le cas sous ce nom-là.

Le bagage musical de Mike Judge, et cela se ressent très rapidement, est assez impressionnant et vaste. S’orientant vers un rock progressif varié, ce monsieur touche-à-tout joue de tous les instruments, les enregistre, les mixe puis les masterise lui-même. Autant dire que pour un seul homme, c’est un travail colossal. Surtout que le résultat est plutôt bon et méritant.
Voyageant dans plusieurs sphères progressives à la fois, l’auditeur se voit projeter tour à tour dans du psychédélisme, de l’expérimental, de l’alternatif, du folklorique, etc. Les titres marquants, pour se donner la meilleure idée du produit, sont curieusement les deux plus longs, aux alentours des dix minutes : « Knives of Summer » et « Docile Bodies / In the Leprosarium », dans lesquels les parties de guitares et de basse sont assez délirantes. Mike Judge emprunte à des artistes tels Frank Zappa et Steven Wilson, capables de s’autoalimenter, chacun à leurs manières.

Ce méli-mélo Do It Yourself remplit toutes les conditions du bon disque de rock progressif à la production épatante. Tout pousserait même à croire que c’est bien un groupe complet qui déroule du riff et des séquences à tire-larigot. Les mélodies ne manquent pas et surprennent parfois. Fictions souffre du syndrome « fourre-tout » et d’un chant chaotique maladroit, malgré tout The Nerve Institute mérite le détour, au moins par curiosité.

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