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10 Août 2015

Arcturus

Arcturian

par Malcolm

Vous voyez, le problème avec Arcturus, c'est ce penchant obstiné à vouloir prendre son temps, à contre-courant du rythme d'horloge suisse qu'on peut rencontrer chez la majorité de leurs confrères musiciens. Si les aficionados n'auront pas manqué de croiser leur orbite en 2005, à l'occasion de leur première et seule tournée, ils auront dû subir le deuil de leur séparation une poignée d'années plus tard, le groupe accouchant d'un DVD live quasi-posthume concluant leur carrière, sans heurts ni fracas. On aura pourtant aimé Arcturus pour ce qu'il est, un astre unique et lointain, parfois occulté par l'éclat des projets principaux de ses protagonistes au sein de la sphère black metal (Dimmu Borgir, Mayhem, Ulver, pour ne citer qu'eux), mais ne s'étant jamais résumé à la somme de ses parties. Un projet de qualité, en somme. Surprise et joie quand nos sonars détectent, en 2011, des premiers signes de réveil. Rejoignant l'orbite terrestre pour quelques nouvelles apparitions en concert, le groupe repart en ses terres en laissant, comme une promesse de son retour, celle d'un album à venir.

C'est là que c'est rageant, parce que le temps passe depuis 2011, et on se voyait mal attendre,comme Pénélope, leur retour prophétique... C'est pourtant en 2015 que les fils prodigues, fidèles à leur engagement, reviennent enfin sur le devant de l'actualité discographique.

Alors, Arcturus, quoi de neuf depuis dix ans ? Déjà (et ça fait plaisir) la production de Arcturian se montre d'une grande qualité, et particulièrement adaptée à leur style unique, à la fois atmosphérique, farceur et menaçant. On notera au passage le bon goût d'un mixage équilibré, mettant de côté les grosses caisses tapageuses de Hellhammer au profit d'un rendu plutôt aérien donnant la part belle à des instruments additionnels comme le violon, quasi omniprésent, de Sebastian Gruchot.

Venons-en au fait : les larrons ont trouvé depuis longtemps leur créneau artistique, fait d'un metal froid mêlé d'influences psychédéliques, enrichi d'une science mélodique et d'un talent dans la composition qui dépassent largement les frontières d'un simple genre. Si la mixture est à recommander à tout amateur de projets authentiques et de qualité, les connaisseurs sauront dès les premiers titres qu'Arcturus navigue ici au sein d'un périmètre déjà largement exploré dans le passé du groupe.

Est-ce bien, est-ce mal ? Difficile de trancher, tant le plaisir est grand de les retrouver là où nous les avions laissés en 2005. On notera tout de même un penchant plus assumé vers des retours fulgurants à un black metal où ICS Vortex démontre sa versatilité vocale, tout comme des escapades électroniques et instrumentales (« Demon », « The Journey ») qui prouvent que la formation n'a toujours rien perdu de sa créativité proverbiale. Soyons clairs : la musique d'Arcturus est belle, travaillée, unique, autant que les musiciens qui le composent sont talentueux et inspirés. Un groupe de metal comme on aimerait en croiser tous les jours.

En nous quittant avec l'un des titres les plus inspirés de l'album (« Bane »), Arcturus laisse néanmoins le goût amer d'une crainte, celle de devoir les attendre encore une décennie avant d'avoir des nouvelles... Les gars, promis, cette fois, vous ne partez pas trop loin ?

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