:)
25 Juin 2015

Tengger Cavalry

Blood Sacrifice Shaman

par Florent Canepa

Il est des fois où la découverte d’un album tient à peu de choses. Un soupçon de curiosité, un peu d’audace. La largesse des moyens multimédia à notre disposition facilite aussi une première approche. Alors forcément, lorsqu’à la rédaction, l’un de nous inscrit dans la case genre « metal mongol »à propos d’un disque reçu, cela intrigue. Tengger Cavalry est en réalité un groupe qui a son assise à Pékin, ce qui n’est finalement pas si commun pour du rock metal. Un peu comme Skyclad nous la jouait en son temps fusion irlandaise et metal, le combo invite la musique folklorique de Mongolie à la table de ses influences et références.

Oui vous imaginez bien. Une superposition de riffs gras et de morin khuur, qui est un instrument proche de la vielle finalement et aussi appelé violon à tête de cheval dans la langue de Shakespeare. Le propos est belliqueux tout de même, on conçoit d’ailleurs bien les légions de Genghis Khan déboulant dans les steppes, armées de ces sonorités pour faire comprendre qui est l’envahisseur. Le chant est principalement fait de chœurs gutturaux (on pense au Tibet), légèrement noyés dans le mix global (« Horseman »). Parfois, de vraies scansions chamaniques émergent (« Blood Sacrifice Shaman », en toute logique, avec des relents black metal). On pourrait vite être exténué par ce qui semble être un gimmick mais le produit est plutôt bien emballé et les liturgies musicales bien souvent emballantes. Quelques petites douceurs à base de cordes viennent tempérer l’attitude guerrière (« The Native ») pour que l’auditeur se repose des assauts et le propos ramassé prévient toute lassitude au sein des morceaux.

Blood Sacrifice Shaman est déjà le quatrième album du groupe et bénéficie d’une production plus léchée qui fait la part belle aux expressions de guitare (le tapping sur « The Wolf Ritual », les soli sur « Hero ») et au jeu de batterie tribal. Il faut dire que cette nouvelle offrande n’en est pas vraiment une puisqu’il s’agit du réenregistrement d’un album démo paru en 2010. C’est en comparant avec deux versions anciennes aussi présentes sur la nouvelle mouture que l’on s’aperçoit du chemin parcouru. Si vous avez toujours rêvé d’entendre une bande son metal accompagnant les films de Yimou Zhang ou de Tsui Hark, alors cet album est fait pour vous. Pas nécessairement une pépite, mais définitivement hors du commun. Quant à ceux qui se demandaient ce que signifie Tengger, il s’agit d’un désert en Mongolie intérieure qui tire son nom du mot ciel en mongol. Comme quoi grâce à Chromatique, vous en saurez aussi un peu plus sur les langues et la géographie.

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir