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23 Juin 2015

Karol Beffa et Raphaël Imbert

Libres

par Jean-Philippe Haas

Libres célèbre la rencontre de deux musiciens, le pianiste classique franco-suisse Karol Beffa et le saxophoniste de jazz Raphaël Imbert. En interaction avec le public, le duo a entièrement improvisé les quatorze compositions, notamment lors de concerts donnés dans une petite église du Cantal. A quel résultat peut bien aboutir une telle collaboration, entre le lauréat 2013 des Victoires du classique et un non-aligné du saxophone ?

D'emblée, on est conquis par le côté mélodique, émouvant et plutôt paisible de l'ensemble. Rien d'avant-gardiste ni de virtuose ici : le duo joue sur les facultés hors normes dont jouissent les deux instruments pour susciter les émotions et stimuler l'imagination, au point qu'on s'invente facilement les histoires déchirantes que racontent probablement « Puy Mary » ou «  Leo », et qu'on n'a aucun mal à visualiser les larmes du saxo dans le bien-nommé « Tears ». Que l'on penche vers la préciosité du lied (« Lead Lied » ou « Leipzig counterpoint » et ses thèmes quasi liturgiques) ou vers l'atmosphère enfumée et populaire d'un piano-bar (« Romance »), la dimension émotionnelle reste constante. Seuls « Entre deux âges » et « Libre » viennent bousculer l'harmonie d'ensemble, et tels des électrochocs, abandonnent toute notion de mélodie, se répandant en syncopes et autres fulgurances épileptiques en criant « On se réveille là-dedans ! ».

Libres est un disque engageant, presque grand public - sans que ce terme revête dans le cas présent un caractère péjoratif - qui vous agrippe avec de jolis thèmes et vous empêche de passer votre chemin. Une combinaison réussie entre le jazz et la musique classique.

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