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17 Juin 2015

Ozric Tentacles

Technicians of The Sacred

par Florent Canepa

Les prêtres du psychédélisme sont de retour à grand renfort de petites boucles hallucinogènes. Actifs depuis plus de trente ans, les Anglais d’Ozric Tentacles semblent être une force tranquille que même le temps ou l’abus de substances ne peut stopper. Il aura fallu quatre ans pour aboutir à la livraison de Technicians of The Sacred, album qui regorge de ce que le groupe sait faire de mieux. L’entité encéphale Ed Wynne choisit de rester fidèle à l’héritage : claviers stellaires ou world, guitares au feedback profond, basses synthétiques hypnotiques sont au rendez-vous de ce qui peut s’apparenter à une mixture stellaire EDM, dub, jazz et progressive.

On retrouve les touches électroniques de la vieille école trance mais aussi des allégories guitaristiques finalement plus proche d’un Joe Satriani ou Steve Vai que de l’épure qui sied à l’époque actuelle. Il faudra donc à l’auditeur un accord de principe sur ce postulat : changer n’est pas guérir son âme. Car les épopées chamaniques d’Ozric lorgnent tour à tour du côté de Vangelis ou Tangerine Dream pour les racines plus anciennes, de la dream-pop de Love Spirals Downwards ou des frénésies d’Astral Projection. Quand l’atmosphère s’apaise, on trouve à l’ensemble des accents trip-hop (« Far memory », planant comme sur les premiers Morcheeba). Un peu moins de reggae pour ce nouveau cru (rapidement sur le chill « Rubbing shoulders with the Asbolute ») mais le climat relax nous plonge tout de même dans un ancrage propre à la méditation ou l’évasion. Là ou Alan Parsons tissait une pop éthérée (on retrouve son esprit et ses sonorités sur « Switchback »), Ozric maintient les pulsations grâce à une ossature quasi organique et totalement instrumentale (« Zingbong » et ses sinusoïdes sur huit minutes).

Alors me direz-vous, la musique pour ravers qui se seraient perdus à Goa est-elle encore d’actualité en 2015 ? N’y a-t-il pas un aspect un peu poussif ou vain à entretenir le trip ? On se plaît à identifier les petites surprises comme le berbère « Epiphlioy » ou le narcotique « Smiling potion » (vous reprendrez bien un petit acide avec votre thé ?).Et finalement en se remémorant Maurice Druon qui affirmait qu’une tradition, ce n’est jamais qu’un progrès qui a réussi, on se sent tout d’un coup moins ringard d’apprécier ce voyage, musclé par une production sidérale.

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