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16 Juin 2015

Ozma

New Tales

par Jean-Philippe Haas

A l’instar du metal, le jazz est peut-être le genre qui innove le plus ces dernières années. Ozma fait partie de cette jeunesse qui n’hésite pas à maltraiter les vieux académismes et à créer des passerelles avec d’autres genres, au risque de faire tituber de frayeur les puristes sur leurs déambulateurs. Les Alsaciens ont fait beaucoup de chemin depuis leur album éponyme de 2005, à l’image de Jim, le héros vagabond de New Tales. Ce nouveau disque se place à l’extrême frontière du genre, là où se distinguent les portes donnant sur le post-rock et l’ambiant, où évoluent sans contraintes les formes les plus libres du jazz.

En mode quartet depuis Peacemaker, Ozma fait aujourd’hui sauter les derniers verrous qui bridaient sa créativité déjà bien épanouie. Hormis la présence du saxophone, on est d’ailleurs plus proche sur « Awaken » et « The Launch » d’un electro rock instrumental qui aurait viré post-rock que d’une quelconque forme de jazz. De nombreux effets sur les instruments accentuent en outre un côté atmosphérique (« Beluga ») qui évoque parfois la période Amnesiac/Kid A de Radiohead. Le groupe retrouve un peu ses racines dans la seconde partie de New Tales, à partir d’un « Supertanker », heavy à souhait. Le saxophone de David Florsch revient alors sur le devant de la scène illustrer diverses ambiances comme le très calme et enfumé « Rest And Rebirth » qui contraste avec des titres beaucoup plus rythmés et changeants (« Monsters », « The Dance »). « Tales of Jim » et conclut sur un crescendo un disque très narratif dans sa structure qui rend palpables les péripéties du héros.

Défiant les étiquettes, Ozma crée tel Zappa son propre style original, sans se soucier de flatter Pierre ou Paul. Cette liberté de ton rafraîchissante, qui ne tombe ni dans la vacuité de la forfanterie, ni dans l’hermétisme artistique, est mise au service de l’unique cause qui en vaille vraiment la peine : la Musique.

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