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12 Juin 2015

Simon Steensland

A Farewell To Brains

par Aleksandr Lézy

La discrétion dont fait usage Simon Steensland depuis un début éclair dans Landberk et son premier album The Simon Lonesome Combat Ensemble en 1993 a quelque chose de complètement attirant. Ancré indéniablement dans la musique Zeuhl, grand admirateur de Magma et d’étrangeté musicale, ce pure autodidacte suédois est un des maîtres incontestés du genre depuis The Zombie Hunter en 1995, devenu un incontournable. Six longues années après Fat Again, prodigieux disque, ce bricoleur de sons touche à tout est de retour avec un huitième album A Farewell To Brains

Toujours accompagné de ses amis prestigieux comme son batteur attitré Morgan Ågren, Einar Baldursson (Gösta Berlings Saga), Robert Elovsson (Mats/Morgan Band) ou encore le brillant Guy Segers (Univers Zero) sur le long et angoissant The Idiot, Steensland n’a jamais enfanté d’une telle œuvre ! Musicalement, c’est un festival de sons et d’ambiances nourris par des lignes mélodiques abstraites qui emportent l’auditeur dans des contrées avant-gardistes.
Nombreuses sont les diverses intervenantes sur les voix, regroupées en une chorale moderne dont le traitement est particulièrement intéressant. Steensland fait une sorte de synthèse analogique des notes chantées, en voix fantomatiques produisant ainsi un effet très conceptuel repris tout au long du disque comme un leitmotiv sidérant. Pas étonnant lorsque l’on connait le parcours de cet autodidacte !

A la manière d’Art Zoyd, Steensland aime à relier sa musique à l’image, au théâtre. Son large travail dans ce sens en témoigne et se ressent d’autant plus de facto dans ses albums. Voilà donc un disque obscur et sombre, un labyrinthe intellectuel où tous les chemins mèneraient au même point, l’imaginaire. L’imaginaire du créateur avec des thèmes farfelus comme celui du Schrödinger’s Cat et celui de l’auditeur qui devra apprivoiser l’animal avec sérieux.
Barré sans trop en faire, Simon Steensland délaisse quelque peu les éléments rythmiques dont il est pourtant friand et signe un album surprenant, probablement son plus mystérieux et intrigant à ce jour. Enregistré et mixé par Steensland lui-même et masterisé par Udi Koomran, A Farewell To Brains pourra paraître inconsistant et épuisant, mais en réalité, que nenni ! L’intelligence d’écriture, de développement des textures et la capacité à tisser subtilement la toile sous la couche apparente forme un univers des plus exaltants. Un bien beau retour.

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