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08 Juin 2015

Snarky Puppy

Sylva

par Aleksandr Lézy

Phénomène actuel, Snarky Puppy est la nouvelle sensation du monde de la musique au sens large. Une bande de jeunes musiciens américains talentueux, menée par un bassiste au nom fédérateur, Michael League, séduit le monde entier par son approche moderne de la musique mais aussi de l’utilisation des moyens de communication. En effet, filmer ses prestations afin de les publier telles quelles est un accomplissement artistique et marketing des plus judicieux. Après la sortie en 2014 de We Like It Here filmé devant un public en studio sur quatre soirs aux Pays-Bas, Snarky Puppy, fort de son succès, remet le couvert avec cette fois-ci, Sylva !

Accompagné du célèbre Het Metropole Orkest, mi orchestre symphonique mi big band jazz néerlandais, Snarky Puppy s’offre, pourrait-on en déduire, une nouvelle dimension de par la taille de l’effectif. Déjà conséquent dans sa forme de base, le groupe de jazz-rock déroule son savoir-faire avec brio comme à son accoutumée. Sur sa première moitié, trois morceaux joyeusement entraînants s’enchaînent délicieusement sans trop en faire, l’orchestre ouvrant la voie de toute son ampleur.
Snarky Puppy est synonyme d’élégance dans une sorte de démonstration musicale contrôlée. Signé dorénavant sur le réputé label Impulse, le groupe doit continuer à séduire un jeune public acquis à sa botte tout en ralliant à sa cause les anciennes générations d’amateurs de jazz. Alors, il n’est pas étonnant de trouver Sylva moins expansif que son prédécesseur. Pourtant et après de nombreuses écoutes, ce nouvel album « live » possède de nombreux arguments. Mis à part quelques impromptus applaudissements et signes de satisfaction du public, Sylva s’écoute comme un album studio brillamment enregistré et produit. « The Curtain » met à profit la densité de l’effectif, propose quelques soli et se termine dans une douceur pianistique puis orchestrale frémissante.
Cette nouvelle facette de Snarky Puppy a de quoi enchanter, l’orchestre insufflant une coloration cinématographique comme sur « Gretel » par exemple. Cependant, ce dernier n’apparaît pas autant qu’il aurait dû sur l’ensemble du disque. En d’autres termes, a-t-il été utilisé à sa juste valeur ou est-ce juste un appel à d’autres projets par la suite ? La question reste en suspens … Il demeure que la sixième piste de vingt minutes « The Clearing » joue son rôle de pièce montée finale, dans un exercice mélodique périlleux en plusieurs parties finement découpées, et son jam central.

Snarky Puppy frappe encore un bon coup dans la fourmilière et ne peut a priori que récolter le fruit de son travail, ô combien précieux. Même si la force des morceaux qui le composent peine un peu à déclencher le même effet que We Like It Here, Sylva a le mérite de fonctionner comme un ensemble de musiciens homogène et non comme un vivier d’électrons libres bien organisés tels les épatants Mark Lettieri, Bill Laurance, Cory Henry ou encore Robert Searight. Attention à ce que le succès n’efface pas la fougue des débuts et n’entrave pas non plus l’immense capacité de son leader à composer des morceaux toujours aussi puissants.

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