coup de coeur
29 Mai 2015

Andreas Schaerer’s Hildegard lernt fliegen

The Fundamental Rhythm of Unpolished Brains

par Aleksandr Lézy

Andreas Schaerer est suisse. Son Hildegard lernt fliegen apparait comme un témoignage poignant d’avant-gardisme, une œuvre surréaliste aux confins des genres. The Fundamental Rhythm of Unpolished Brains, troisième album du maître chanteur, a tout pour ravir et faire frémir les amoureux de musique décomplexée.

Eclectique mais très cohérent dans le fond comme dans la forme, The Fundamental Rhythm of Unpolished Brains est une réussite en bien des points. Il faut considérer Hildegard lernt fliegen comme une entité à deux têtes : celle qui chante et celle qui joue. Et même si les deux sont indissociables, l’aspect qui définit avant tout le groupe est bel et bien la voix d’Andreas Schaerer, un compositeur mais aussi un homme-voix des plus attachants. Entre ses incursions beatbox, sa voix trompette et ses mélodies vocales chantées, le bientôt quarantenaire n’y va pas de voix morte. A la manière d’un Mike Patton, Schaerer se pose en leader charismatique, dynamique, présent sur tous les fronts.
Accompagné d’un petit orchestre hyper musclé et volubile, Andreas Schaerer trouve malgré tout la place de s’exprimer. A cinq musiciens, on trouve pêle-mêle toutes sortes de saxophones, de flûtes, de trombones, tubas et clarinettes, sans parler de la section rythmique basse/batterie (marimba et kalimba compris). Renversant par les nombreuses sonorités utilisées, l’orchestre passe allégrement de la musique contemporaine au jazz d’avant-garde, avec un côté folklorique, burlesque et théâtral à la manière du cabaret, d’une grande intelligence.

Au final, voix et musique pourraient se suffire à elles-mêmes, mais c’est encore plus incroyable lorsque les deux se rencontrent. Renversant d’un point de vue musical, cette découverte met en avant une formation talentueuse, joyeusement dérangée et incontournable.

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