coup de coeur
19 Mai 2015

Jack Dupon

Les Ronfleurs Dorment, le film

par CHFAB

Jack Dupon est une excellente formation clermontoise qui délivre depuis déjà un bon moment (10 ans) un rock progressif réellement singulier, tendu, dadaïste, tout simplement épatant, entre King Crimson, avant-garde, psyché ou zeuhl.

Après trois albums, voici leur deuxième live, enregistré dans d’excellentes conditions, proposé en digipack audio (Tête de chien) et DVD (Les Ronfleurs Dorment, le film). Inutile de tourner autour de la casquette, cette parution est remarquable, sur tous les plans : qualité musicale, sonore, visuelle, cohérence artistique. Il s’agit là d’un réel objet artistique, immersif, passionnant et hypnotique, d’une férocité et d’une magie rares, confirmant à quel point l’univers de ce groupe fou est plus fouillé qu’il n’y paraît .

Alors, doit-on continuer à faire de la pompe journalistique pour décrire Tête de chien et autre Les Ronfleurs Dorment, le film, tout en sachant combien le quatuor se veut insaisissable et décalé? Non, on va tout juste se contenter de dire que côté répertoire c’est le dernier disque Jésus L'aventurier qui est à l’honneur, que les pièces choisies sont conséquentes, et que la force d’interprétation des musiciens dépasse toute les attentes. Le travail scénographique pour le DVD est très réussi (axes fixes, caméras à l’épaule, grain de l’image, travail des lumières). Donc pas de montage épileptique. A l’image du live, on peut juger de l’ambiance, des couleurs, et du joyeux bordel apparent qui règne sur scène… Le public, peu filmé, semble avoir son ratio de jubilation et de transe. On le comprend bien volontiers, et on l’aurait bien rejoint!

Il faut annoncer aussi que le cinéma vient de faire une entrée assez saisissante dans leur univers, sous la forme de courts métrages. A l’instar des travaux visuels de Zappa, toute une série de séquences jalonnent le concert, comme des ponctuations, passant par des trouvailles artisanales splendides, réjouissantes et poétiques : paysages et ambiances inquiétants, narration loufoque, visions hallucinogènes animées en pâte à modeler, et partie de chasse démente seront ainsi au menu.

Revenons à la musique, pour conclure, en ajoutant que voir pour la première fois (pour ceux dont c’est le cas) les quatre gars exécuter une musique aussi dingue, parfois dévastatrice (le final de « Modestine » !) est un plaisir rare, que le monde du prog n’offre que rarement. Ce groupe accède au podium des grands, et Tête de chien / Les Ronfleurs Dorment, le film se présentent déjà comme une parfaite entrée en matière, et un must, tout simplement ! Vivement la suite ! Reste à leur espérer le succès, qu’on leur souhaite en conséquence, car on sait le coût d’un tel projet. Mais ça, c’est une autre paire de casquettes.

Bravo.

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