coup de coeur
20 Avril 2015

Slug

Ripe

par Jean-Philippe Haas

Attention, cette limace-ci n'a rien à voir avec son alter-ego français formé par d'anciens de Magma (et chroniquée par nos soins également). L'initiateur du projet s'appelle Ian Black, un temps bassiste de scène du groupe anglais de rock indépendant Field Music. Son album est d'ailleurs signé sur le même label que celui de ses ex partenaires, Memphis Industries.

Les caractéristiques principales de Ripe sont sa concision et son incroyable fourmillement d'idées. En une demi-heure, Black produit onze titres dont le seul point commun est de se différencier de ses dix camarades et d'être hautement addictifs. Simples et accessibles, les chansons sont en effet truffées de petites trouvailles sonores, vocales, boucles mélodiques et rythmiques qui tirent l'oreille et accrochent immédiatement. Slug n'est évidemment pas dénué d'influences : Black revendique celles des bandes originales de films comme La fureur du Dragon ou Suspiria (l'un des chefs d’œuvres de Dario Argento), ainsi que Led Zeppelin et Prince. A ces inspirations pas vraiment flagrantes – si ce n'est l'introduction « Grimacing Mask » et peut-être une partie de l'instrumentarium - on peut ajouter sans peine Radiohead, le minimalisme et la pop alternative des années quatre-vingt.

Une richesse sonore (du traditionnel guitare/basse/batterie au piano, en passant par le steel drum et une utilisation pertinente de électronique), un son souvent très brut, quelques effets bien sentis, et surtout des hameçons en veux-tu en voilà font de ces trente minutes un plaisir d'une sophistication discrète qui balaie plusieurs décennies d'indé.

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