coup de coeur
17 Avril 2015

In the presence of wolves

Thalassas

par Florent Canepa

Le premier essai des Américains d’In the presence of wolves, Thalassas a démarré comme souvent aujourd’hui sur le web avec un appel de fonds signé Indiegogo. Parmi les références de ce nouveau venu, on trouve aussi bien Tool, Porcupine Tree et les plus violents Mastodon. Mais ici point de noirceur, nous avons affaire à un metal progressif racé, complexe et globalement positif. Les différents membres du groupe avouent d’ailleurs être aussi très fans de Prince et on ressent son esprit chaloupé sur un morceau comme « Storm in a red dress ».

Syncopes et ruptures de rythme sont donc au rendez-vous, ce qui donne un petit côté Mars Volta à l’ensemble mais il faudra plutôt regarder du côté de Megadeth ou Leprous pour l’esprit metal et les petits riffs acérés et mélodiques (« Thalassas II »). Tout cela est rudement bien fait et on a du mal à croire que c’est ici leur premier essai. Une chose est sûre, lorsque le quartet est rentré en studio, il savait où il allait, jusque dans les détails, variant les ambiances à souhait (le début d’« Hypoxia », planant, son cœur mélodique ou encore « Birdsong » et ses arpèges bienveillants). Comme une offrande au monde progressif, les gars du New Jersey se permettent même un titre fleuve, en trois parties, réussi pour clôturer l’album. Niveau production et son, il n’y a pas grand-chose à redire, les saturations point trop lourdes emmènent l’ensemble vers le monde du rock alternatif plus que celui du gros thrash qui tache. La voix de Vini Stamato moins virtuose que Cedric Bixler-Zavala certes mais toujours très juste se veut tantôt bien énervée, tantôt plus ravissante. Un bon échantillon est d’ailleurs proposé sur le savant et long « Palladium » qui fait penser à Foo Fighters, avec quelques kilos de neurones en plus.

Il y a en effet et étrangement un aspect grunge propre (oxymore !) dans ce disque. Tout n’est pas parfait (les chœurs et la voix principale presque bleue du premier mouvement du morceau titre) mais il est difficile de ne pas adhérer à l’ensemble. In the Presence of the wolves rend un groupe comme Coheed and Cambria obsolète, en fait. Et leur album Thalassas n’a pas grand-chose à voir avec la pépère émission de Georges Pernoud, même si l’on se voit bien encore nager dans ces eaux là un bon moment !

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