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08 Avril 2015

Ô-liostére

Circonflexe

par Aleksandr Lézy

Pourquoi un diacritique comme le circonflexe a-t-il autant d’importance dans la langue française ? Parce qu’en l’occurrence, il modifie le son d’une lettre héritée de l’alphabet latin. Ce n’est donc probablement pas un hasard si Ô-liostére a doté la première lettre de son nom d’un tel accent et appelé son premier album Circonflexe.

Comme une lettre peut être modifiée avec un accent pour changer sa sonorité, une note de musique peut aussi être modifiée suivant la manière de la jouer. Ô-liostére pratique la modification des genres et réalise avec ferveur un melting-pot de jazz et de rock progressif lorgnant vers le Canterbury de manière très personnelle.
Formé en 2007, le collectif est vraiment marqué par l’empreinte de chaque musicien. Cela se ressent énormément à travers la qualité des rythmes, des ambiances et des diverses apparitions successives comme une course de relais par équipe. On retrouve une imposante section rythmique très complice et trois mélodistes à la guitare, à la flûte traversière et au piano, auxquels s’adjoignent le furtif violoncelle et une voix, controversable.

Malgré une part d’improvisation exécutée principalement dans les axes de solo, c’est surtout la partie écrite qui se ressent davantage et qui impose sa force. La savante musique d’Ô-liostére s’embourbe parfois dans l’exagération d’une complexité mécanique. La recherche est réelle mais il manque pourtant un petit sentiment d’âme supplémentaire et une ligne directrice plus assumée. A noter le particulièrement bon « MMM » !

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