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02 Avril 2015

Sylvan

Home

par Jean-Philippe Haas

Gentle Art of Music est le petit label allemand qui monte, avec des signatures comme RPWL, Panzerballett et aujourd’hui Sylvan, groupe qui bénéficie depuis un grand nombre d’années d’un capital sympathie non négligeable dans la sphère prog. Si Sceneries avait laissé une impression mitigée de par son encombrement démesuré, il y a fort à parier que Home, aux titres plus concis, remette tout le monde d’accord, malgré ses allures de mastodonte (soixante dix-sept minutes au compteur).

La délicate ouverture orchestrale « Not Far From The Sky » et le grandiose « Shaped Out Of Clouds » qui le suit ne sont qu’un avant-goût de la majesté qui se dégage de cet album conceptuel – on ne peut pas non plus leur demander d’abandonner toutes leurs habitudes à la fois ! – qui tourne autour de la recherche du foyer, du chez-soi protecteur. Très atmosphérique, la musique de Sylvan, enrobée par un piano toujours subtil et survolée de nappes de claviers en tous genres, ne se prive ni de montées en puissance à l’artillerie lourde ni de quelques belles crises d’hystérie (« In Between »). Jan Petersen ayant mis les voiles, les Allemands ont recruté un certain Jonathan Beck pour jouer les parties de guitare. L’invité, qui a déjà accompagné le groupe sur scène, s’en sort parfaitement bien à tous les niveaux, tant dans les touchers délicats que les rugissements crasseux. Il en est un autre qui est capable de passer facilement de la douceur à la violence, c’est Marco Glühmann, dont le chant plus puissant et maniéré que jamais reste l’un des grands points forts des Hambourgeois. Enfin, une recherche mélodique toujours très poussée et des arrangements luxueux finissent de décrire un disque peaufiné avec grand soin, ainsi que votre installation haute fidélité vous le confirmera. Un cousinage avec le Marillion de Hogarth est encore perceptible (« Black And White », « Shine »), mais Sylvan lâche des salves autrement plus létales que son homologue anglais, flirtant régulièrement avec le metal.

On apprécie aussi que Home revienne à des compositions plus concises que son prédécesseur. Au fil des albums, force est de constater que le groupe est certes à l’aise sur des titres plutôt longs, mais excelle généralement en-deçà des dix minutes. « In Between » et « The Sound of Her World » sont deux beaux exemples de ce format de prédilection. Les titres courts connaissent ici des fortunes diverses, du plat « With The Eyes of A Child » au quelconque « Sleep Tight » en passant par le flamboyant « All These Years ».

A n’en pas douter, Sylvan est à nouveau sur une voie ascendante. Espérons que ce retour de l’inspiration et la prise en main par un label dynamique contribueront à rendre aux Allemands le statut qu’ils avaient perdu, celui d’acteurs incontournables de la scène progressive européenne.

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