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06 Mars 2015

La Batteria

La Batteria

par Jean-Philippe Haas

Dans l’esprit de Rome de Danger Mouse et Daniele Luppi, La Batteria rend hommage avec ce premier album aux musiques de films italiens des années soixante et soixante-dix et à des artistes comme Ennio Morricone et Goblin, avec tout ce que cela comporte de guitare funk ou façon « western », de sifflements et de chœurs « wou-ou » féminins, de Fender Rhodes et de Hammond.

Parmi les membres du quatuor, le guitariste Emanuele Bultrini n’est pas un inconnu par ici puisqu’il officie au sein de Fonderia, auteur des excellents Re-enter (2007) et My Grandmother's Space Suit (2010). Ses compagnons de route ont des parcours aussi variés que la pop, le jazz, le hip-hop ou les musiques du monde. Il faut au moins tout cela, et être romain, pour comprendre quel a été, en Italie, voire au-delà, l’impact de cette période de créativité intense dans le domaine des arts visuels et de la musique.

Plutôt qu’un long discours descriptif et pas forcément parlant, rien ne vaut un bon « Chimera » pour comprendre de quoi il s’agit et revenir près d’un demi-siècle en arrière. L’auditeur français reconnaîtra sans doute les références les plus évidentes, comme les ambiances à la Ennio Morricone, peut-être moins les allusions aux films de Dario Argento. La Batteria ne fait pourtant pas dans la nostalgie pure et simple. L’album offre un bon dépoussiérage du genre, avec une production bien ancrée dans la modernité malgré l’utilisation des codes et d’instruments d’époque. Et si le cahier des charges n’est pas toujours aussi formellement respecté (« Formula », par exemple, trempe bien largement dans la mouvance synthétiseurs des années quatre-vingt), le disque respire autant les (derniers) grands moments du cinéma italien que les séries B du Giallo. Complément idéal à Rome, et peut-être plus authentique que celui-ci, La Batteria devrait emporter l’adhésion de tout cinéphile amoureux des bandes originales autant que des amateurs d’instruments vintage.

Commentaires 

#1 Franck Einstein 09-03-2015 22:04
Je sais pas si je vais aimer mais ce genre de démarche mérite d'être écoutée. Rarissime.

Je sais pas vous... Nous... n'en parlons jamais. Quand la conversation arrive sur le sujet nous nous révélons tous être des amateurs acharnés de la BO de "Z", "Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon" ou même "Peur dans la ville".
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