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27 Février 2015

Rob Mazurek and Black Cube SP

Return the Tides : Ascension Suite and Holy Ghost

par Aleksandr Lézy

Rentrer dans l’œuvre de Rob Mazurek, compositeur en musique électro-acoustique américain, trompettiste et cornettiste, n’est pas aisé. Mais à l’occasion de la sortie sur l’inénarrable label Cuneiform Records de son dernier album en date, il paraît de bon ton que Chromatique se penche sur cet artiste atypique, acteur de la scène de Chicago depuis de nombreuses années.

Proche de Jim O’Rourke et de son Gastr del Sol, Rob Mazurek est un amoureux du rock farfelu, improvisé et dégoulinant, ses apparitions avec Tortoise et Isotope 217 notamment en sont les garantes !
Return the Tides Ascension Suite and Holy Ghost, énième album d’une discographie impressionnante, semble être un excellent résumé des goûts et influences de ce quinquagénaire florissant. Dès les premières notes, un maelström sonore, pour ne pas dire une cacophonie maîtrisée entre jazz et rock turbulents, converge vers le centre des haut-parleurs. Ça suinte par tous les pores tellement la musique de Mazurek est touffue. Si des mélodies se dégagent magnifiquement, elles sont toujours là pour adoucir une furie incantatoire proche de celles des grandes cérémonies euphoriques et psychédéliques.
Dans des morceaux qui dépassent le quart d’heure, on assiste à une espèce de fanfare rappelant celles de Frank Zappa détournées par Captain Beefheart, en beaucoup plus extrêmes. Toujours très enjouées, les apparitions de Mazurek sont admirables par leur subtilité baignant dans ces explosions épileptiques. C’est dans cette effervescence jubilatoire que les clusters rythmiques et harmoniques s’entremêlent. L’exercice est périlleux car beaucoup de passages bordéliques sèment le doute, entre réalité artistique et démonstration d’une sacrée supercherie musicale.

Au final Return the Tides Ascension Suite and Holy Ghost ne démérite pas dans son genre, riche, parfois malsain et dérangeant par ses assénements bruitistes persistants. L’épreuve est rude mais enrichissante et prouve à nouveau que les formes d’expression musicales ne connaissent pas de frontière et que, bien au contraire, chacune d’entre elles peuvent apporter leur lot de surprises. Un free jazz psychédélique haut en couleurs.

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