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19 Janvier 2015

Kong

Stern

par Jean-Philippe Haas

Cela fait maintenant un quart de siècle que Kong roule sa bosse et produit des albums de qualité (huit au total), dont l’unanimement reconnu Push Comes To Shove. Les Néerlandais n’ont que brièvement été évoqués sur notre site – avec l’album What It Seems Is What You Get (2012) malgré leurs affinités évidentes avec les musiques progressives. L’electro-metal instrumental du groupe, souvent plus metal qu’electro d’ailleurs, ce petit côté industriel un peu sale, ces touches de stoner et de psychédélisme font de lui un candidat idéal à une chronique de son dernier disque, Stern.

Le groove extrêmement lourd de « Fool’s Engine » cloue d’emblée au sol toute tentative de fuite. La tête, à son corps défendant, se met à osciller sur ces riffs gras et hypnotiques. « Rage8FA » et son metal industriel à la rythmique quasi militaire poursuit l’opération « Let’s headbang ». Mais Kong ne joue pas uniquement du rouleau compresseur, il connaît aussi des rythmiques plus subtiles, surtout quand les machines s’en mêlent (« Surfing Narrative Waves »). Parfois l’électronique la met en veilleuse, lorsque les inclinations stoner prennent le dessus (« Slant », « Different Odds », « Wide Awake »), mais l’énorme puissance de la broyeuse Kong demeure. On trouve tout de même de quoi se reposer par instants sur ce disque dense et étouffant : la première moitié de « Feast or Burden », la seconde de « Contenu Inconnu » ou encore « Inflate Expand Release » font partie de ces titres plus atmosphériques, psychédéliques, voire ambient, qui révèlent toutes les influences de ces quatre musiciens.

Difficile de ne pas faire de surplace lorsqu’on pratique un style dont les bornes sont assez rapprochées. Stern parvient toutefois à en explorer tous les recoins et à offrir une sorte de tour d’horizon assez exhaustif. A se demander ce que Kong va bien pouvoir inventer la prochaine fois.

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