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13 Janvier 2015

Accordo dei Contrari

AdC

par Aleksandr Lézy

Accordo dei Contrari, c’est l’indécis, l’enfant terrible du rock progressif moderne italien, celui qui n’en fait qu’à sa tête. Un coup signé chez AltRock, le suivant en freelance, pour finalement en revenir pour ce troisième album à l’abréviation facile et irrévérencieuse, le groupe se donne le temps mais aussi le choix sur tout. Quitte à choisir, autant faire ce qui arrange. Le lecteur comprendra bientôt.

Poursuivant sa carrière à son rythme, Accordo dei Contrari est un groupe atypique. Développant un rock progressif instrumental moderne et à coordonnées multiples et variables, là où Kublaï s’aventurait vers le Canterbury, AdC offre une direction bien plus jazz-rock, teinté de seventies, comme sur le pavé d’entrée de presque dix minutes. Beaucoup d’intensité, de vagues, de dynamiques dans lesquelles les Bolognais semblent tout de même se chercher. C’est un constat pour le disque dans sa totalité, court, sans réelles mélodies ni lignes directrices et pourtant tellement bien joué.
Oui, même si le niveau instrumental se taille la part belle, l’album connaît quelques moments d’incertitudes coincés au milieu d’une profonde générosité artistique. Le groupe ne le cache pas, et l’on peut lire dans le livret que les différents morceaux sont des bouts d’anciennes idées, des bribes de riffs prises de vieilles compositions. L’écriture n’a pas vraiment joué de rôle majeur pour ce disque et lorsqu’on le compare au premier, Kinesis, de 2007, il manque clairement ce supplément d’âme. Et ce n’est sûrement pas le fait d’avoir enregistré en deux jours qui prouvera le contraire, mais comme disait William Blake : « Sans contraires, il n’y a pas de progression. »

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