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29 Décembre 2014

Moorder

Moorder II

par Jean-Philippe Haas
dans

Trombone. Tuba. Funk. Voilà trois mots qui devraient d’entrée éloigner les quatre cinquièmes de notre lectorat. Les prochaines lignes sont donc destinées à ceux qui resteront.

On pensait avoir vu à peu près tout, en matière de combinaison électrique/cuivres, mais les Italiens de Moorder semblent avoir trouvé leur voie dans une énième déclinaison de la formule, en renforçant le classique trio guitare/basse/batterie par un tuba et un trombone. Qu’on ne s’y trompe pourtant pas : si le tuba véhicule l’image d’un instrument un peu pépère pour musique molle du genou, le contenu de Moorder II - second album du groupe, donc - est loin de correspondre à cette réputation. Les Italiens ont insufflé beaucoup d’énergie dans leurs compositions et les cuivres accompagnent ce mouvement sans broncher, guidés par une basse ronflante et sautillante, et une batterie cyclothymique. Quant à la guitare d’Alessandro Lamborghini, elle a des penchants rock très marqués, bien que l’ensemble procède plutôt d’un habile mélange incluant aussi le jazz et la funk, qui assure un côté ludique par sa présence régulière (« Flay Kick », « Disco In Ferro », « Omocodia On Square »…). On se croirait parfois en plein cœur d’une série policière de la blaxploitation, dans le Harlem des années soixante-dix. Sur les passages les plus lourds (assez rares, il faut le souligner), on pense à Jerseyband - les hurlements en moins – mais il y a bien plus de légèreté, de « fun » dans ce que nous propose Moorder, à l’image du livret qui contient un amusant petit comic où les titres sont subtilement illustrés. Dans l’esprit, ces douze épisodes instrumentaux, courts et variés, auraient parfaitement trouvé leur place sur un vinyle, craquements inclus. Quoi qu’il en soit, ils contiennent suffisamment d’idées mélodiques et rythmiques pour habiller très agréablement trois quarts d’heure.

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