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23 Décembre 2014

The Mercury Tree

Countenance

par Jean-Philippe Haas

Ce trio de Portland semble être passé entre les gouttes de notre perspicacité puisqu’il a déjà une consistante production dans sa besace : Countenance n’est rien de moins que la septième entrée d’une discographie qui compte désormais quatre albums et trois EP. Tâchons donc de rendre justice à ces Américains qui produisent une intéressante combinaison chantée/rugie de math-rock et de rock expérimental, mâtinée de jazz.

Parmi la liste des influences revendiquées, les plus prégnantes sont The Mars Volta et Extra Life, à l’image de « Vestigial » qui expose clairement ces influences en deux sections bien distinctes. Mais hormis ce titre (volontairement ?) clin d’œil, on n‘a plus que rarement ensuite l’impression d’entendre l’un de ces groupes aussi distinctement. Il s’agit plutôt de références ténues, pas forcément identifiables ni affiliées à un genre en particulier, ces petites signatures qui étoffent une personnalité et sortent une formation du lot. Les compositions, tout sauf linéaires, ne permettent guère de jouer au jeu des étiquettes, à l’image de l’étourdissant « Otholits », qui s’ouvre sur une ballade au chant très pop-rock pour se muer ensuite en une orgie instrumentale ponctuée de hurlements et de moments atmosphériques. Certaines pistes annoncent plus clairement la couleur : il n’y a par exemple aucun doute sur la signification de « Mazz Jathy », titre de jazz fusion garni de quelques passages rythmiques à haute teneur en dextérité. Le groupe tente aussi l’effet de surprise comme sur le curieux instrumental « Jazz Hands of Doom », dominé par des claviers plutôt sages, qui vont du Bontempi au Fender Rhodes, accompagnant une rythmique débridée. « Diversité » et « expérimentation » sont donc bien les maîtres-mots de Countenance.

Si les différentes options choisies par The Mercury Tree au fil des titres ne feront pas systématiquement l’unanimité, il faut reconnaître au trio une volonté de ne pas faire un surplace sécurisant ou des citations trop fréquentes. Rien que pour les quelques coups d’éclat qui parsèment ce disque – denrées trop rare en ce moment – il vaut la peine qu’on se penche sérieusement sur son cas.

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