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17 Décembre 2014

Ut Gret

Ancestor’s Tale

par Aleksandr Lézy

Débutée réellement en 1996 à Louisville dans le Kentucky, après que Joee Conroy ait rencontré Steve Roberts (fondateur de French TV), la carrière d’Ut Gret n’a pas vraiment connu le succès immédiatement. Il faut dire que quatre albums en dix-huit ans, ce n’est pas bien épais. Sauf qu’en 2006 sortait Recent Fossils, triple album aux allures de caverne d’Ali Baba. Alors gardons cela en tête et traitons Ancestor’s Tale comme il se présente à nous, vierge de tout a priori !

La nouvelle incarnation d’Ut Gret pratique un Canterbury d’une élégance assez rare à l’heure actuelle, avec une volonté de créer de la mélodie avant toute chose. Un instrumentarium conséquent grâce au talent de ses multi-instrumentistes permet d’allier de surcroît beauté des timbres et ouverture vers des séquences riches grâce à une écriture superposant les hauteurs de notes et poussant l’harmonie assez loin. Concrètement, les morceaux se suivent sans coupure, mené par un fil conducteur les reliant inéluctablement entre eux.

Les Américains se permettent des passages dans des contrées jazz volubiles, sans être poussifs, avec soli et tutti quanti ! En sus des usuelles guitares, basse, batterie, se côtoient pêle-mêle synthétiseurs, plusieurs sortes de clarinettes, saxophones, bassons, flûtes et violons ! Les couleurs pétillent et chaque nouveau petit son provoque une découverte à chaque instant. Le chant féminin, pourtant discret, appose à une musique travaillée un élément suave, presque apaisant.

Voici donc une belle histoire que nous raconte Ut Gret. Finement dépeinte avec des moments variés, une musique léchée et présentée différemment des autres groupes pratiquant ce style. La production simple et sans artifice permet de ressentir l’impact des instruments dits classiques sur les plus modernes, dans un mélange qui n’en est que plus réussi. Ancestor’s Tale est un joli tour de force.

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