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26 Novembre 2014

Bob Drake

Lawn Ornaments

par Jean-Luc Pillac

Bob Drake est célèbre dans la sphère Avant-Prog pour avoir été le co-fondateur au tout début des années quatre-vingts du groupe Thinking Plague, avoir collaboré à de nombreux projets en tant que musicien et en tant qu’ingénieur du son, avoir produit ou remastérisé des pépites intemporelles telles que le coffret des groupes mythiques Art Bears et Henry Cow pour le label de son ami Chris Cutler, ReR Records.

Sur scène, Bob se déplace avec son « Cabinet of Curiosities ». Ce bric à brac bricolé, décalé et créatif fait pénétrer le spectateur dans son univers cartoonesque. Mais attention à ne pas toujours croire ce que l’on voit, comme ce raton laveur géant qui tient parfois le rôle de technicien de plateau. N’oublions pas que le cerveau humain n’est qu’une machine créatrice de conscience probabiliste et qu’un humain peut habiter le corps de cette pauvre bête. Ce spectateur devra comprendre que les musiciens sur scène ne se prendront pas au sérieux, mais il aura l’assurance que les compositions et l’interprétation seront de qualité.
Lawn Ornaments s’inscrit dans la continuité des productions de notre bon Bob, à savoir des compositions courtes, décalées, aux harmonies déstructurées et dans un style que l’on pourrait qualifier, pour orienter le lecteur, de Pop/Country/Rock/Avant-Gardiste…ouf !
La voix de Bob Drake se situe à quelque chose près dans le timbre de celle de Jon Anderson, mais un Anderson qui aurait consommé quelques champignons à la variété un peu étrange. Quoiqu’après mûre réflexion, et connaissant les deux artistes, nous pourrions conclure qu’ils doivent bien trouver le moyen de se préparer quelques omelettes ensemble.
L’album évolue encore une fois dans un univers complètement décalé. Bob joue de tous les instruments, hormis la batterie, tenue par Beardog en personne. L’amateur rigoureux et informé aura deviné que Bob joue entre autre du violon « approximatif », mais pas seulement, la trompette sort en effet du même manufacturier et peut donc être elle aussi qualifiée « d’approximative ». Ces approximations volontaires contribuent bien heureusement à la création de l’atmosphère de cet univers bien particulier. Les compositions sont courtes et le CD n’est malheureusement qu’à moitié plein, à l’inverse de la précédente réalisation « Bob’s Drive In » qui contenait, en plus de la partie studio, une partie jouée live et offrait un CD archi plein, « sans faux col », comme le demande l’ivrogne au barman qui lui remplit son verre de vin rouge.

Comme les productions précédentes, cet album est une récréation. Bob s’amuse dans son studio de Caudeval. S’amuser est le maître mot qui permet à Bob Drake de se lever chaque matin pour affronter ce monde de brutes. Lors d’une des formidables éditions du festival de Rock In Opposition de Carmaux (encore merci, Michel Besset !), Bob « Beardog », dans une entrevue face à son public issu des quatre coins de la planète ( vous noterez à ce propos que cette expression est d’une logique douteuse ; en effet, une planète est sphérique, et une sphère n’a pas de coin ; enfin bref…) a répondu à cette question : « Pourquoi vous obstinez-vous, au vu de votre talent, à faire ce style musical qui ne rapporte pas beaucoup d’argent ? » Bob a tout simplement répondu comme une évidence : « parce que c’est ma vie ! ».

Commentaires 

#1 BD 12-12-2014 19:58
Salut Jean-Luc, et merci pour le très bon review! Je suis particulièremen t content que tu a parlé de moi comme un "raton laveur géant" :)

Bob
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