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18 Novembre 2014

And You Will Know Us By The Trail Of Dead

IX

par Florent Canepa

Le groupe au nom le plus long du monde (et à la pochette la plus garnie en l’occurrence…) vient nous faire une petite visite de courtoisie en cette fin d’année. On peut féliciter les Texans quant à la régularité de leur production et de leur présence scénique : la tournée américaine à peine achevée, ils remettent le couvert en Europe juste au moment de la livraison de IX. Post-rock un peu ampoulé à ses débuts, Trail of Dead - de son petit nom - possède aujourd’hui ce côté dandy qui le classe finalement dans le rock alternatif si on aime les étiquettes. Enfonçage de clou dès le quatrième titre (« Lie without a liar ») que Dave Grohl ou consorts auraient pu cuisiner pour les ondes, immédiatement suivi d’une ballade quasi pop. La voix de Conrad Keely, comme un Goo Goo Dolls moins vaniteux, aide à faire le trait d’union.

Ce que l’on retient typiquement avec le quatuor, c’est la manière ascensionnelle avec laquelle il traite aussi bien les guitares (parfois ensemble de nappes) que la batterie (caisse claire étouffée et ample à la fois). Comme une onde insaisissable qui grimpe et monte jusqu’à ébullition. On aime aussi le son finalement assez brut qui l’éloigne des productions plus proprettes et égalisées à l’outrance. Au cœur du disque, on ressent véritablement l’âme du studio, ses pièces dévolues à chaque instrument et la chaleur de la frappe ou du pick. Pourtant, il est vrai que nous ne sommes pas ici en présence du meilleur chapitre de la saga. IX suscite régulièrement l’intérêt sans vraiment décoller du plancher. Certaines originalités pointent comme le frénétique « A Million Random Digits » ou encore les déclarations instrumentales, reliques de l’ancien temps (« How to avoid huge ships » ou « Like Summer Tempests Came His Tears », entre Morricone et Muse). En mode ballade, il y a même de bons choix (« Bus Lines », suffisamment riche en explosions rock pour que chacun y trouve son bonheur). Mais cela ne masque pas les éléments un peu plus vus et revus : on préférera réécouter les Stones Roses que s’extasier devant « The Dragonfly Queen ».

Pas mauvais du tout (on n’en attend pas moins de leur part) mais pas fantasmatique non plus : c’est à se demander si l’on ne devient finalement pas plus exigeant avec un groupe lorsqu’on sait qu’il est capable du meilleur. Le revers de la médaille du talent, sans doute. On lui donnera donc celle de bronze pour cette fois-ci.

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