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14 Novembre 2014

Federico Casagrande

At The End of The Day

par Jean-Philippe Haas

Federico Casagrande joue de la guitare acoustique, dans différentes formations et parfois en solo. Voilà une assertion qui n’a rien de particulièrement saisissant. Sauf que le bonhomme n’en joue pas comme le premier venu. Son instrument est davantage un pourvoyeur d’atmosphères dont il tire des sonorités plus variées qu’un fournisseur d’accords pour chansonnettes. Avec At The End of The Day Federico Casagrande sort un album très personnel où seuls sont autorisés avec parcimonie le violoncelle (Vincent Courtois), l’accordéon (Vincent Peirani), quelques percussions discrètes et un (petit) peu d’électronique (Michele Rabbia). Juste ce qu’il faut pour apporter un surcroît de couleurs à neuf compositions où la guitare impose sa route, tranquillement, rythmique ou en arpèges, s’effaçant parfois pour laisser ses trois accompagnateurs prendre temporairement, à tour de rôle, le relais mélodique. Paisible voire contemplative, souvent sereine et parfois mélancolique, la musique qui se déploie lentement ici est une invitation à ouvrir des fenêtres entrebâillées derrière lesquelles se dessinent des paysages impassibles, reposants, que traversent sans heurts les saisons. Transparent, limpide, le disque ne s’aventure que rarement dans les territoires risqués de l’expérimentation non contrôlée. A ce titre, « Can You See It ? » co-écrit par Michele Rabbia, fait figure d’OVNI électro-acoustique au milieu de ses compagnons. Nonobstant cette curiosité, l’album fait preuve d’une remarquable unité. Décor instrumental d’une pièce sans paroles, At The End of The Day porte bien son nom : un voyage planant entre chien et loup.

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