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03 Novembre 2014

WaterBabies

Inner Island

par Aleksandr Lézy
dans

Sans doute en hommage au pape du jazz Miles Davis, WaterBabies s’est accaparé le titre d’un de ses albums sorti en 1976, pourtant enregistré des années auparavant en 1967, et dont les trois morceaux sont des compositions de Wayne Shorter qui avaient été mises de côté.

N’y voyant pas trop de rapport au départ, WaterBabies joue pourtant bien du jazz, qui plus est, en duo piano/batterie - original ! - l’intervention électrique en moins donc. Le challenge s’avère du coup des plus périlleux pour Armel Dupas et Corentin Rio car l’épreuve impose l’occupation de l’espace, doit pouvoir combler les trous et maintenir une certaine densité pour ne pas sembler fade ou insipide.
Les pistes s’enchaînent et l’image apparaît ! WaterBabies se forge une réputation de formation reposante, délicate même dans les moments les plus relevés. La vision d’enfants batifolant dans l’eau colle parfaitement à l’impression de naïveté assumée, ressentie à l’écoute des sept titres qui composent Inner Island. Le jeu de piano est voluptueux, d’influence classique dans l’expression, fluide aussi dans sa manière de s’écouler, tandis que la batterie se déchaîne dans des mouvements adroits et fins, sans jamais brusquer le ton.
Le tableau est plutôt harmonieux, aux couleurs chatoyantes. Pourtant et avec un peu de difficulté à comprendre l’utilité, même si elle demeure légitime, pourquoi du vocoder sur la voix ? Le choix décontenance au lieu de ravir d’autant plus qu’il paraît d’un niveau technique tellement faible par rapport au reste qu’il en ressort maladroit …

Lauréat de plusieurs prix dont le RéZZo FOCAL du Jazz à Vienne 2013, WaterBabies démarre sa carrière de manière prometteuse, malgré quelques choix et idées encore à développer. Voici un jazz abordable de par son format « pop » et sa pâle douceur.

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