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29 Octobre 2014

Amplifier

Mystoria

par Maxime Delorme

Etrange objet que ce Mystoria. C’est désormais une habitude pour les mancunéens d’Amplifier de changer de style à chaque album. Leur histoire musicale passe en effet par le rock alternatif bien planant (Amplifier), le concept album mi-stoner mi-prog (The Octopus) ou encore celui de rock atmosphérique (Echo Street). Pourtant, au travers des errances, le groupe a toujours su conserver une patte bien à lui, un je-ne-sais-quoi qui définit Amplifier, tant dans le jeu que dans l’approche des compositions ou encore dans le chant bien personnel de Sel Balamir. Mystoria ne déroge pas à la règle. On retourne sur des terrains un peu plus connus, aux sonorités proches de l’album oublié : Insider, mais en bien mieux. C’est donc du rock bien gras ponctué de cassures rythmiques et de sonorités étranges qui nous attend ici.

Si la première écoute s’avère difficile, c’est principalement du fait des choix esthétiques. Exemple simple : « Cat’s Cradle » et ses miaulements numériques pour le moins déconcertants fera probablement sourciller les amateurs de la volupté d’Echo Street. De même, le démarrage en trombe de l’album sur « Magic Carpet » pourra choquer par sa sonorité … un peu cheap. L’un dans l’autre, il faut avouer que l’album se mérite. Pour être tout à fait honnête, la première version de cette chronique consistait en un massacre du disque, mais les écoutes ayant fait leur chemin, il s’est révélé très agréable avec le temps. Au final, on se retourne surtout sur ses petites pépites et ces moments qui font qu’Amplifier restera toujours un outsider talentueux de la musique progressive. On oublie le choix délibéré du kitsch esthétique à l’image de la pochette (hideuse …), pour se concentrer sur la composition qui, encore une fois, nous réserve quelques jolies surprises.

Ainsi la seconde partie de « Cat’s Cradle » donne une excellente image des capacités du groupe avec cet abandon des sonorités lourdes pour s’égayer sur des arpèges clairs. Le très mis en avant « Open Up » et son intro à la sauce 8-bit donne aussi une bonne idée de ce savant dosage de rock vitaminé, de basse omniprésente et d’ambiance à mi-chemin entre le féérique et le gravissime. Enfin, il est impossible de ne pas mentionner le duo de fin (« Crystal Mountain » et « Crystal Anthem »), qui alterne une introduction planante avec un morceau ultra-énergique.

Un mot sur la production, elle est à l’image de l’album : étrange. On note principalement la sur-représentation des basses qui rendent le tout très sourd, mais étrangement pas désagréable. On regrette quand même que la voix de Sel Balamir soit plus en retrait, même si les lignes de chant sont clairement moins élaborées que sur les productions précédentes.

En définitive, Amplifier reste fidèle à lui même. Sa musique en touchera certains et en laissera d’autres complètement indifférents. Ce qu’on peut noter, c’est que le groupe ne tient pas en place et aime à sortir de sa zone de confort pour proposer des sonorités différentes à chaque album. Pas forcément très innovant, mais définitivement rafraichissant, et toujours de manière très réussie.

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