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14 Octobre 2014

Rob Reed

Sanctuary

par Elisabeth Parnaudeau

L’hommage est un exercice artistique des plus délicats, aussi bien en musique qu’en cinéma, ou encore en littérature. Les risques de se prendre les pieds dans le tapis avec entrain sont aussi nombreux que variés, surtout quand on s’attaque à des monstres sacrés. La frontière est parfois fine entre la réinterprétation et le pompage pur et simple, et ce qui partait d’une belle intention peut vite se retrouver empreint d’une odeur souffreteuse de paresse intellectuelle peu scrupuleuse ou de manque d’inspiration. Que dire alors du travail d’équilibriste qu’il faut accomplir pour rendre un hommage réussi à un artiste comme Mike Oldfield, déjà mille fois repris, copié, recopié, mixé, remixé, samplé à l’endroit et à l’envers !

A cet exercice, Rob Reed s’en sort avec la mention « passable », ce qui finalement, tout bien considéré, n’est pas trop mal. Sanctuary se réfère directement aux années Tubular Bells, Ommadawn et Incantations du maestro, et se divise en deux plages instrumentales d’une vingtaine de minutes chacune - oui, Rob Reed pousse le détail aussi bien dans le fond que dans la forme. L’ensemble se laisse agréablement écouter, et il faut bien saluer la prouesse technique de Rob Reed qui joue avec brio de pas moins de vingt instruments and… Tubular bells. Il y a de très beaux passages sur lesquels on se surprend à dresser une oreille un peu plus attentive, qui pourront ravir les amateurs de basse. Tout y est bien maîtrisé : les changements d’ambiance et de thèmes, les introductions progressives des instruments, la touche celtique… Les pattes de Tom Newman et Simon Heyworth, qui ont produit le légendaire Tubular Bells, n’y sont sûrement pas pour rien ; et s’il ne faut pas chercher une once de touche personnelle dans cet album, il a au moins le mérite de respecter scrupuleusement l’œuvre et l’esprit oldfieldiens. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’il faut écouter ce Sanctuary. Cette énième réinterprétation du grand Mike en agacera certains, mais ne crachons pas dans la soupe non plus : allez écouter la reprise euro-trance de Moonlight Shadow par Groove Coverage, qui donne tout son sens à l’expression « massacre de l’héritage  ». Il vous faudra bien un Sanctuary pour vous en remettre.

Commentaires 

#1 Jean-Luc 15-10-2014 17:22
Mention passable ? Voilà qui n'est pas cher payé pour un aussi bel hommage ... dont on aimerait que l'inspirateur en prenne un peu de la graine pour d'éventuels futurs albums !
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