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14 Octobre 2014

White Willow

Sacrament (Expanded Edition)

par Jean-Philippe Haas

Alors que White Willow prépare discrètement le successeur de Terminal Twilight, le groupe ressort ses premiers disques pour faire patienter des fans qui n’ont rien eu à se mettre sous la dent de neuf depuis 2011. Ainsi, après la réédition de Ignis Fatuus en 2013, c’est au tour de Ex Tenebris et de Sacrament d’être dépoussiérés et agrémentés de quelques bonus. En 2000, White Willow acquérait avec ce dernier le statut mérité de nouvel acteur essentiel du prog norvégien et feu Progressia s’en était fait l’écho.

A cette époque, lointaine en termes de modes musicales, il n’y avait pas sur les disques de la bande à Jacob Holm-Lupo de guitares heavy et de production chromée. Les compositions prenaient leur temps, bien ancrées encore dans des ambiances folk portées par la flûte et la guitare classique, parsemées çà et là d’un symphonisme délicat, voire d’une touche moyenâgeuse (« The Crucible »). C’est presque à contrecœur que les notes quittaient le nid de douceur apprêté par les instruments acoustiques et les claviers à l’ancienne, pour se jeter dans les bras rugueux de quelque guitare saturée de passage. Le temps était plutôt à la mélancolie champêtre, au recueillement, moins à la gravité (l’inquiétant « The Reach »). Le hautbois et les orgues instillaient un côté presque liturgique par moments. Sylvia Erichsen (devenue plus tard Sylvia Skjellestad), plus en confiance que sur Ex Tenebris se chargeait de sa voix cristalline d’hypnotiser celles et ceux qui découvraient alors avec ravissement cette déclinaison venue du froid du folk progressif.

Délicats et rarement offensifs, les six titres originaux soigneusement remis au goût du jour sont accompagnés sur cette réédition de demos de très bonne facture, celles de « Gnostalgia » et de « The Crucible », ainsi que d’une version en concert plus anecdotique de « Paper Moon ». Bucolique comme les premiers Genesis (« The Last Rose of The Summer »), prodigieusement mélodique, Sacrament est un jalon majeur de la carrière de White Willow qui vaut largement un (r)achat, d’autant que les fonds iront directement dans la bourse de Termo Records, dont Jacob Holm-Lupo est le co-fondateur.

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