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08 Octobre 2014

Bitchin Bajas

Bitchin Bajas

par Renaud Besse Bourdier
dans

Voilà déjà quatre ans que le groupe Bitchin Bajas assume sans aucun complexe son attirance pour la grande époque des synthétiseurs, et ce en produisant une des musiques à la structure on ne peut plus moderne (les intellectuels parleront sans doute de post-moderne, mais qu'avons-nous à faire des intellectuels ?), le drone.

Ce genre très récent, que l'on pourrait qualifier de Gerry du monde musical, favorise pourtant l'emploi de l'informatique et des modulations sonores qu'il peut apporter ; et malgré cela, Bitchin Bajas, tel un grand-père rebelle, refuse de passer le cap. Et c'est tant mieux : le son de Bitchin Bajas a une chaleur enrobée bien à lui. Les synthétiseurs, des xylophones, de la harpe, de l'orgue, des instruments à vent, sont tous très accueillants. Ici et là, une mélodie très furtive et pourtant toujours très lente se dégage, avant de disparaître dans l'espace sonore construit par chaque piste : un monde métallique et résonnant dans « Ruby », aquatique et tropical dans « Field Study », glissant et dégoulinant dans « Pieces of Tape ».

Bitchin Bajas est toujours agréable à l'oreille, jamais dissonant, et pour un album qui s'inscrit dans un genre très limité dans tout ce qui touche à la mélodie, il parvient toujours à se renouveler ; ne serait-ce que par l'évolution de l'espace empli par le son au fur et à mesure de l'écoute. Certains pourront lui reprocher cette accessibilité : de par ce fait, la musique ne prend pas aux tripes, elle ne dépasse jamais vraiment le cadre de l'agréable. Pour autant, c'est un bon moyen de méditer, et de se préparer à la fin de l'été.

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