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06 Octobre 2014

Consorzio Acqua Potabile

Il Teatro Delle Ombre – Quarant’anni controluce

par Jean-Philippe Haas

En voilà un bel objet ! Un livre spiralé de 196 pages dans son étui, abondamment illustré et contenant pas moins de quatre CD. Mais rien n’est trop beau pour fêter la quarantaine, pas vrai ? Et c’est en gros l’âge de Consorzio Acqua Potabile, un cas étrange dans l’histoire bien fournie du prog’ italien. Né dans les années soixante-dix, le groupe n’a sorti aucun album durant cette période-là et n’a été redécouvert que vingt ans plus tard. Le seul témoignage existant de la première vie de CAP se trouve sur Sala Borsa Live ‘77, un enregistrement public sorti en 1993. Depuis, les Transalpins ont composé quelques albums et participé à certains des « fameux » projets Colossus, ainsi qu’à des albums hommages (à Van Der Graaf Generator et Camel) non moins « fameux ».

Malgré cette discographie plutôt limitée, ce magnifique livre-CD a beaucoup de choses à dire de cette formation à géométrie variable qui a toujours persisté dans un prog symphonique typiquement italien, aussi épuré que foisonnant, aussi paisible que fougueux, riche de claviers en tous genres mais également de sonorités acoustiques (guitare classique, piano, flûte). Le premier disque contient quelques-uns des grands titres de CAP, réenregistrés live en studio, avec un son plus moderne, donc, mais dans le respect du cahier des charges vintage. Une version restaurée de ...Nei Gorghi Del Tempo (considéré comme leur album référence) vient remplir le second CD. Il est agrémenté d’un bonus intitulé « Cavaliere mascherato », vestige de l’opéra rock Gerbrand que le groupe à composé en 1973. Le troisième disque intitulé Storyteller’s Era contient les trois mastodontes composés pour les projets Colossus, tirés respectivement de Odyssey – The Greatest Tale, Dante's Inferno: the Divine Comedy, Part I et The 7 Samurai – The Ultimate Epic. Ces titres montrent que CAP représentait plutôt le haut du panier sur ces disques au contenu souvent inégal. On accordera une mention spéciale à « La Danza Dei Contrari », condensé de neuf minutes de toute la riche palette des Italiens. Enfin, le quatrième CD propose divers extraits de concerts, enregistrés entre 1979 et 2011, dont les deux reprises des groupes cités plus haut.

Hormis les coupures de presse, le texte est intégralement écrit en langue maternelle, mais des traductions doivent être proposées prochainement en ligne. Photos en pagaille, extraits de journaux et de magazines (dont quelques-uns en français tirés de Big Bang et Harmonie), affiches, flyers… une impressionnante documentation vient illustrer une biographie témoignant d’une activité importante, de participations à de nombreux concerts et festivals dans le monde entier, aux côtés des plus grands du genre parfois.

Si vous n’avez jamais acquis le moindre album de CAP, soit que vous n’en connaissiez pas l’existence jusqu’ici, soit que vous doutiez de la description dithyrambique qu’en fait le site de Musea, ce coffret vous mettra avantageusement à jour, sans qu’il vous soit nécessaire ensuite d’acquérir tout le back catalogue. De la même façon, Chromatique répare en une seule et belle chronique l’erreur impardonnable de n’avoir jamais parlé de ce groupe !

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