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03 Octobre 2014

Steve Rothery Band

Live In Rome

par Florent Canepa

Avec l’humilité et la douceur qui le caractérisent, Steve Rothery conclut le premier morceau en expliquant au public que le groupe est encore en rodage et en apprentissage, invitant les personnes présentes à donc bien vouloir excuser les potentielles approximations. Pourtant, la foule italienne présente ce soir-là n’a pas l’air de se plaindre de ce qui se passe sur scène… On repère tout de même çà et là quelques écarts ou fausses notes, le jeu, ami lecteur, étant de les retrouver. C‘était en effet seulement la deuxième fois que le Steve Rothery Band donnait un concert sous cette forme-là.

Ce qu’on aime chez le guitariste, au-delà de la simplicité et de la fluidité de son jeu, c’est la diversité de ses influences, et pas celles qui sont les plus évidentes. Dès le second morceau, on retrouve quelques petites touches qui auraient plus leur place dans l’alternatif d’un Bob Mould que dans les accents proprets de Marillion. Mais rien ne reste figé bien longtemps et le groove qui s’empare de « Kendris » fait bientôt basculer le morceau vers une autre direction. Album de guitariste, ce concert-album l’est sans nul doute. Mais pas un album pour les guitaristes. Généreux, Steve détaille les idées et angles d’attaque de ce matériel inédit qui doit plutôt être perçu comme une suite de musiques de films (qui en l’occurence n’existent pas, bien sûr). Entièrement instrumentaux, les nouveaux morceaux sont une succession d’hymnes aux phrasés de bon goût. Un brin nostalgique, la musique de Rothery n’est pas vraiment construite pour le futur. Les effets mouettes et autre glides répétés, l’ambiance proche d’un Chris Rea ou Mark Knopfler (« White pass », « Yesterday’s hero ») peuvent lui donner un côté passéiste. Mais finalement, on le voit plutôt comme un positionnement, un ancrage. Évidemment, dans la série ça se gâte, on rencontre en mode tiède quelques grandes heures de Marillion : du ultra-classique avec des morceaux de poisson dedans (« Sugar Mice », « Cinderella search », le meilleur chant au programme sans doute), des madeleines nineties (« Waiting to Happen » avec la vocoderisée et peu convaincante Manuela Milanese, « Afraid of Sunlight » chanté par le pas-trop-mal mais pas-terrible-quand-même Alessandro Carmassi). Et bien entendu, l’incontournable tube « Easter ». L’autre Steve manque cruellement dans tous les cas…

Si l’amateur de progressif est comblé par les puissantes envolées du bonhomme, on sera un peu plus réservé sur la production de l’œuvre elle-même (financée en l’occurrence par les internautes, ce qu’on appelle le crowdfunding, avec objectif dépassé). Ou aurait sans doute préféré un son plus chaud et mieux défini qui aurait rendu honneur à l’intimité inhérente à certaines compositions (le long et très beau « The Old Man of the sea »). Quitte à rajouter quelques corrections post-concert, il n’y a pas de honte à cela aujourd’hui, non ? (j’entends certains crier « mécréant » ). L’album se clôt avec « Materna luna » (canto en italiano !) et « Monolith pt. 2 » du groupe italien Ranestrane, créations symphoniques intéressantes et projet auquel Steve et Steve (l’autre) ont participé. Dispensable, mais voyons le tout comme un amuse-bouche transalpin juste avant la sortie de The Ghosts Of Pripyat, son tout nouvel album qui arrive en septembre. Nous n’avons pas de nouvelles du Monsieur tous les jours donc c’est doublement la frette… euh… la fête !

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