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01 Octobre 2014

Alternative 4

The Obscurants

par Florent Canepa

On ne peut pas dire que Duncan Patterson ait chômé depuis son départ d’Anathema. Entre Íon, Antimatter et désormais Alternative 4 (écho à l’un des albums de la clique Cavannagh mais originellement à un ouvrage de science-fiction), ce dernier multiplie les expériences et collaborations avec la fougue d’un jeunot qui tisse sa toile. Si bien que nous avons bien envie de le suivre dans ses pérégrinations musicales avec la ferveur d’un fan de la première heure.

Le nouvel album d’Alternative 4 ne révolutionnera pourtant pas le monde progressif : cette certitude s’installe assez vite dans la tête de l’auditeur. La basse, ronde et magnétique, enveloppe naturellement cette production aux effluves atmosphériques. On rend un bel hommage à Pink Floyd (« Paracosm ») avant d’embarquer pour des eaux plus proches du rock alternatif. La retenue et la simplicité des compositions sont finalement un argument en faveur de The Obscurants. Toujours en tempo lent (parfois même extra lent), les morceaux sont ouatées de douceur grâce à un piano très présent et à la voix du très gilmourien Simon Flatley, flanqué d’une voix féminine additionnelle, le cas échéant (« Lifeline »). Seul écart : le final « Closure » (logique), très darkwave et légèrement électronique. On en aurait aimé plus de cette trempe-là pour donner des soubresauts et créer la surprise.

Si la forme minimaliste pourra convenir à certains, d’autres seront un petit peu frustrés de ne retenir finalement que très peu des huit morceaux qui nous occupent. Restent des textes très intéressants et loin d’être anecdotiques à l’image de « Dina », consacré à l’« autre » 11 septembre, celui de 1973 au Chili. A cet égard, « The Tragedy shield », tout en arpèges et faisant penser à l’Anathema melodico-doom (comprendre la période Patterson justement) est sans doute l’un des titres les plus convaincants pour ces deux aspects, textes et musique. C’est alors que nous revient en tête la non-révolution musicale précitée et qu’on se dit qu’on n’est pas obligé de changer le monde pour en capturer la beauté existante. C’est sans doute cette route sereine que Monsieur Patterson a décidé de tracer et on ne peut pas vraiment lui reprocher.

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