coup de coeur
29 Septembre 2014

Flying Colors

Second Nature

par Dan Tordjman

Contrairement à l’engouement général suscité lors de la sortie du premier album éponyme de Flying Colors, notre ami et confrère Christophe Manhes, à travers ces colonnes, n’avait pas paru plus emballé que ça. La faute à une formation (dont le CV donnerait le tournis à un apprenti musicien) qui cherchait encore un peu sa voie et qui semblait s’éparpiller quelque peu musicalement parlant. Les boulons ont, semble-t-il, été resserrés et le groupe paraît bien plus soudé et cohérent qu’il ne le fut il y a deux ans.

Pourtant, à l’écoute de « Open Up Your Eyes » et de ses douze minutes, l’on est en droit de se dire « Mais, c’est un album de Transatlantic ou quoi ? ». Que nenni. Même si ce titre porte la signature flagrante de Neal Morse, il n’en reste pas moins une merveille progressive mélodique qui n’aurait peut-être pas fait tache sur Kaleidoscope. Non, ce qui fait l’attrait véritable de Flying Colors, c’est ce melting pot d’influences - à priori bien mieux digérées que sur le premier effort studio -. Là où un groupe comme Transatlantic est devenu tellement prévisible, Flying Colors s’amuse à brouiller les pistes et va là où on ne l’attend pas. Passant d’un morceau comme « Bombs Away » au feeling estampillé Deep Purple à la furie pompeuse chère à Muse de « Mask Machine » ou « A Place In Your World », les Américains se font réellement plaisir. Des Beatles à Queen, le groupe ne s’accorde a priori aucune limite. En témoignent « The Fury Of My Love » où l’ombre des Fabulous Four est présente, ainsi que « Lost Without You » où Steve Morse emprunte à Brian May son lyrisme inimitable.

Certains pourraient être décontenancés par ce changement de style musical. Ils pourront néanmoins se délecter de quelques perles. Citons d’abord « One Love Forever » qui rappelle Von Hertzen Brothers mais surtout l’incontournable « Solsburry Hill » de Peter Gabriel. Le deuxième pic d’émotions a pour nom « Peaceful Harbor » dont la guitare magique de Steve Morse s’accouple avec merveille avec un chœur gospel. Hélas, on sait déjà qu’il sera difficile pour les musiciens de jouer ce titre sur scène !

Si Flying Colors comportait des erreurs de jeunesse, celles-ci ont été gommées sur Second Nature. La sobriété de Mike Portnoy et Neal Morse, pourtant habitués aux parties de haute volée fait ici mouche. Dave Larue est toujours aussi efficace dans son jeu de basse (Ah, « Mask Machine », quelle merveille !) et Casey McPherson paraît bien moins larmoyant. Steve Morse fait encore une fois preuve de classe alliant retenue et technicité. Le tout est parfaitement produit et mixé. On était un peu sceptique face à la relative déception engendrée par le premier volet discographique de Flying Colors. On peut désormais pousser un grand ouf de soulagement.

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