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29 Septembre 2014

Cheeto's Magazine

Boiling Fowls

par Jean-Philippe Haas

Le côté cartoon de la pochette ne paie pas de mine, mais Cheeto’s Magazine est bien un groupe de classic prog’, (très très) influencé par Spock’s Beard. L’album débute d’ailleurs avec un monstre de vingt-cinq minutes « Nova America » - soit dit en passant, pas le choix d’ouverture le plus judicieux lorsqu’il s’agit d’hameçonner rapidement les curieux de passage – qui s’inspire très fortement des grosses cylindrées des Américains. Tout y est : multiples sections, multiples atmosphères, multiples genres musicaux, passages instrumentaux épiques, un peu de pompiérisme mais pas trop, quelques sons cheesy mais pas trop, et ce grain de folie, d’humour indispensable, histoire de ne pas se prendre au sérieux plus que de raison. On pourra trouver à ce mastodonte un côté caricatural avec sa construction tellement respectueuse de ses modèles, mais contrairement à bon nombre de groupes qui se sont frottés à l’exercice, ce quintette de Catalogne passe brillamment l’examen. Alors qu’il s’agit souvent du point faible, le chant est à la hauteur du reste. Le groupe n’a pas peur de se lancer dans des harmonies vocales élaborées, et Esteban Navarro n’est pas à proprement parler l’archétype du chanteur qui en fait des caisses, mais se montre au contraire capable de passer d’un profond sérieux à la fantaisie la plus légère, singeant même au passage Ian Gillian et consort, dans une parodie – drôle et très crédible - de Deep Purple.

Le reste de l’album exploite la même veine dans des formats plus ramassés, instrumentaux (« Volcano Burger », « Fat Frosties » ou « Four Guitars » dans un style hard prog’), façon Spock’s Beard (encore eux) après deux pintes (« Octopus Soup »), et quelques franches digressions, soit un peu fourre-tout (« Naught Boy »), soit presque pop (« Teddy Bears »), voire carrément electro-dance (« The Driver And The Cat », « Driver French »)… peut-être le créneau à explorer si l’aventure prog’ se révélait un fiasco ? Si le groupe parvient à moins se disperser et tailler un peu dans le gras, il est certain qu’on entendra encore parler de lui. Quoiqu’il en soit, avec un premier disque de cette trempe, Cheeto’s Magazine ne peut passer inaperçu.

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