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29 Août 2014

Änglagård

Viljans Öga

par Aleksandr Lézy

Champion toutes catégories de la reconnaissance et assimilé « culte » auprès de la congrégation du rock progressif en seulement deux albums, Änglagård fait office depuis les années quatre-vingt dix de figure de proue, d’étendard du rock progressif à la scandinave. Distillant une musique sombre et froide, faisant fi de violence et de saturation à outrance a contrario du Black Metal par exemple, ces Suédois au cœur tendre avaient pourtant délaissé le groupe pendant de nombreuses années pour finalement se reformer afin de se produire sur quelques scènes. Avec Viljans Öga paru en 2012, Änglagård dépose une nouvelle pierre à son univers discographique.

Composé de quatre longs morceaux totalement instrumentaux, Viljans Öga réutilise les subtilités acoustiques (presque médiévales) des premiers albums de Genesis et l’influence avant-gardiste de King Crimson, avec en plus cette belle froideur venue du Nord. Änglagård oppose les ambiances lumineuses et sombres dans un univers riche. De multiples couches de mélodies recherchées se superposent, donnant aux textures une qualité toute particulière. Grâce à la présence de nombreux instruments (dont la flûte, les rares saxophones) caressant chaque interstice de musique, la formation suédoise plante un décor emprunt de classicisme et de modernité.

Il est assez fascinant de se rendre compte à quel point Änglagård joue avec les contrastes, les influences, tout en restant unique, terriblement inventif et passionnant. Remarquable à tous points de vue, Viljans Öga est l’album de rock progressif par excellence, le chant en moins, complexe dans sa conception, relativement simple d’accès et agréable à son écoute. Probablement le meilleur album dans son genre depuis des lustres.

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