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28 Août 2014

Minor Giant

The Last Road

par Florent Canepa

Une recette retro-progressive batave, vous en prendrez bien une petite louche? Oui et non, en fait. Certes, on aime le soin apporté par les musiciens à leurs créations. De la pochette du disque aux compositions, tout semble vouloir coller au plus près à ce qui se fait de plus respectable en matière de progressif aujourd’hui. On aime aussi les lignes de piano, l’instrument sans doute le mieux mis en valeur sur les six compositions que comporte ce tout premier album.

Alors, pourquoi non ? Eh bien car il n’y a rien de bien excitant là dedans. Ou du moins rien qui n’aurait déjà été vu ailleurs, que ce soit chez les dinosaures du genre (Flower Kings, Marillion pour la guitare) ou les disciples symphonistes (on pense quelquefois à Shadow Gallery). Des éléments de production font défaut tout d’abord : la batterie (un des membres fondateurs) pourrait avoir plus d’impact et le chant qui fait penser à un Jon Anderson un peu plus grave et franchement neurasthénique. Il y a dans cet album beaucoup (trop) de clichés progressifs qui amuseront sans doute les plus cléments, mais aussi des soli de claviers qui ne plairont pour le coup à personne (« Dream with eyes wide open »). A l’heure où d’heureux mélanges de genres se savourent, au moment où même les anciens réussissent parfois à sortir des choses sympathiques (je ne parle pas de Yes ou Asia bien sûr), Minor Giant porte bien son nom en se présentant malheureusement comme un groupe mineur. Même le thème des paroles (les chemins que nous empruntons dans la vie) et les formules (« hand in hand, here we stand », « I can see inside of me ») semblent sorties d’un autre âge.

Il s’agit de leur tout premier essai ; on ne leur en tiendra donc pas rigueur d’autant qu’il existe quelques moments plus accrocheurs. Mais comme ils sont à déceler au sein même des morceaux, l’exercice de tri et d’appropriation n’est pas facile. De ce fait, il en ressort quelque chose d’insipide. Les plus belles preuves sont sans doute la ballade tarte à souhait « Lead me home » ou le long final épique mais vain. En fait, tout ceci n’est pas foncièrement écœurant ou immangeable… juste fade. On hésite donc à se resservir…

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