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21 Août 2014

Cecilia::Eyes

Disappearance

par Florent Simon

Retour gagnant pour le groupe belge Cecilia::Eyes qui nous livre ici son quatrième album en presque dix ans, dans la continuité de leurs oeuvres distillant sans concession ambiances sombres et mystérieuses. Foulant un terrain connu, cette nouvelle sortie regorge de longs morceaux planants et éthérés qui, s’ils ne les font pas sortir de leur discipline habituelle, confirment leur notoriété grandissante appuyée par des prestations scéniques électriques. Les fans se gorgeront donc encore une fois d’une musique lente, énigmatique et lancinante qui s’impose d’un bout à l’autre.

Après un premier titre plus expérimental, il faudra savoir attendre le deuxième morceau pour commencer à s'enivrer véritablement du doux parfum de violence mélodique. De bien agréables sensations qui malheureusement pourront paraître parfois trop rares de par un certain manque de climax, inhérent au style, ou bien encore du fait de la répétition du propos d’un morceau à l’autre. Un pari risqué qui plaît ou pas, mais ne laisse pas indifférent. Passé ce premier abord déstabilisant, les écoutes secondaires permettront alors de se mettre à rêver de paysages brumeux et tapissés de neige infoulée, cette musique nous emplissant d’une lourde mélancolie. Oui, les Belges ne sont pas que maîtres dans l’art de faire rire, mais également dans celui de vous émouvoir avec douce froideur! Cet opus instrumental se caractérise aussi par une certaine poésie et un lyrisme, terrains propices à d’ésothériques paroles (exercice déjà réalisé sur le morceau « The airscrew » de leur premier EP, une manière de se démarquer dans un style clivant).

Nous ne réduirons pas Cecilia::Eyes à un autre de ces groupes de post-rock instrumentaux, ennuyeux voire assommant. Car même si leurs morceaux restent parfois trop sobres et froids pour accrocher notre attention, les échappées saturées qui gonflent souvent le coeur des compositions parviennent à élever notre écoute dans la stratosphère. Des titres tels que « Lord Howe Rise », « Loreta » ou « Isolated Shower » le prouveront sans peine. Nous prenons alors l’ampleur de l’influence inévitable de leurs compères (on pense à Sigur Ros, Godspeed You! Black Emperor ou encore Mogwai), à côté desquels il est souvent difficile de tirer son épingle du jeu. Le quintette d'outre-quiévrain est loin d’être ridicule, et devient doucement mais sûrement une nouvelle référence de la scène. Oufti !

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