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12 Août 2014

Anubis

Hitchhiking To Byzantium

par Renaud Besse Bourdier

Troisième album pour ce groupe australien représentant du label Bird's Robe Records, aux côtés des Toehider, Sleepmakeswaves et 65daysofstatic, et virage assez amusant quand on y pense : pour la première fois, l'opus ne raconte pas une histoire. Anubis prend ainsi le contre-pied d'un poncif du rock progressif et décide plutôt de structurer Hitchhiking To Byzantium autour de thématiques plus vastes centrées sur la vie humaine – ce qui est finalement aussi devenu un cliché du genre.

L'album est très vite séduisant et après une introduction tout en douceur qui rappelera à certains les morceaux les plus pop de No-Man, la couleur est annoncée : nous sommes à l'écoute d'un groupe de Neo-prog affirmé et revendiqué. On y entend des similitudes avec Anathema, Riverside, et même Dream The Electric Sleep, et la mélodie passe avant la complexité. C'est d'ailleurs un des aspects les plus séduisants de l'album : le groupe a su trouver des thèmes accrocheurs - rythmés par des guitares énergiques et du piano toujours léger - et toujours très simples. Ces motifs musicaux sont ensuite explorés sur dix pistes toutes relativement longues pour une durée totale d'une heure et quinze minutes environ.

Pourtant, un élément fait défaut, et pas des moindres : la production est loin d'être à la hauteur de ce que les compositions demandent. Cela se remarque dès que les guitares s'emballent et que la batterie frappe à tout rompre : l'énergie n'y est pas. Le son est trop rond, pas assez profond, toujours trop doux et cela dessert la richesse des pistes. Car dès que le calme s'installe et que tout n'est plus qu'envolées lyriques, on est immédiatement conquis !

En conséquence, ce sont les morceaux qui adaptent des sonorités pop au format Neo-prog qui sont les plus réussis, comme l'accrocheur « Dead Trees » et « Tightening of The Screws ». Les soli de guitare, relativement nombreux, ne sont jamais trop techniques : comme tout le reste, ils sont au service de l'émotion avant tout et font mouche à chaque fois. Quant au chant, s'il n'a rien de révolutionnaire, il ménage quelques passages harmonisés tout bonnement délicieux, comme sur « Crimson Stained Romance » qui a des airs de RPWL.

Un album à conseiller aux amateurs du genre et à tous ceux qui soutiennent à la scène progressive australienne : la musique est authentique et sincère, et c'est ce que nous retiendrons malgré la production très moyenne.

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