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08 Août 2014

Anathema

Distant Satellites

par Maxime Delorme

Deux ans après Weather Systems les champions du prog « atmosphérique » nous gratifient d’un nouvel album. Distant Satellites est un objet bien étrange qui soulève tout un tas de sentiments différents à son écoute. De façon schématique, l’album peut être découpé en trois parties : la partie redondante, la partie « futurs classiques » et la partie expérimentale.

Passons rapidement sur la partie redondante. Le tryptique « The Lost Song » nous ramène sur les territoires déjà explorés maintes fois par Anathema par le passé… et de manière tellement cliché pour le groupe que l’ensemble n’apporte guère sinon une envie de réécouter We’re Here Because We’re Here, bien mieux fait. L’ensemble, durant une petite vingtaine de minutes, regroupe les éléments que l’on connaît bien des Anglais : alternance de rock énervé et de plages atmosphériques. Les plus calmes mettant en avant Lee Douglas (bien qu’étrangement assez absente sur l’album), les plus péchues Vinnie Cavanagh. Le tout se mélange dans une pop mélodieuse certes très agréable à écouter, mais vue et revue.

Viennent ensuite les futurs classiques : « Ariel » et « Anathema ». S’ils ressemblent aux morceaux de la première catégorie (déjà vus), ils ont la particularité d’être suffisamment courts et claquants pour qu’on les imagine parfaitement sur un rappel ou en apothéose d’un show. Les deux morceaux sont construits sur la même structure : une montée en puissance, d’abord bercée par le piano, puis renforcée par moultes interventions orchestrales (on note en particulier les sections de cordes). Ariel propose en sus un magnifique duo au chant entre Lee et Vinnie tandis que ce dernier se réserve la part belle sur Anathema. Quoi qu’il en soit, les deux pistes ont le même effet : une prise aux tripes par un chant à la fois mélodieux et passionné.

Enfin, toute la fin de l’album est réservée à un ensemble de pistes plus expérimentales et plus ou moins réussies, mais qui ont l’honneur de varier un peu des standards de la formation. On y note notamment l’inclusion de plus d’éléments électroniques qu’à l’accoutumée, des structures répétitives évoquant une ébauche de minimalisme. Ces pistes sont toutes teintées d’une ambiance spatiale qui collent parfaitement à ce que l’on attendrait d’un album intitulé « Distant Satellites ». Ces pistes éclipsent complètement la première partie de l’album comme s’il s’agissait de Leftovers de Weather Systems. Soyons honnêtes et préférons effectivement y trouver là le vrai contenu novateur de l’album plutôt que sur les pistes déjà évoquées. La piste éponyme est d’une beauté stupéfiante et sublimée une nouvelle fois par Vinnie Cavanagh.

Côté production, encore une fois rien à reprocher au groupe. On frise la perfection, le son est rond, chaud, et sert comme d’habitude parfaitement la musique. On notera aussi une fois de plus la participation de Steven Wilson à une partie du mix, mais pas à son intégralité, et on rendra à César ce qui lui appartient : le travail de Crister-André Cederberg comme producteur d’album est absolument irréprochable.

L’un dans l’autre, Distant Satellites annonce peut-être un virage encore plus ambient et électro du groupe. On connaît chez Anathema cette très forte capacité à évoluer et à s’adapter et on ne sera pas surpris d’un tel virage s’il se confirme. Toujours est-il que ce dit changement d’ambiance fera du bien au groupe qui commence à s’encroûter quelque peu dans son pop-rock atmosphérique. Au final, Distant Satellites est un album en demi-teinte. Cependant, si l’on omet sa première partie assez redondante avec les albums précédents, alors il nous reste un album qui marquera peut-être une nouvelle évolution du groupe !

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