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05 Août 2014

Kismet

Shades of clarity

par Florent Canepa

Lorsque l’on sait que l’un des derniers groupes avec lesquels Kismet a tourné dernièrement est le fameux Pretty Reckless de la Gossip girl Taylor Momsen, on devine que l’on a affaire ici à la frange la plus accessible de la sélection éditoriale chromaticienne. Qu’à cela ne tienne, l’idée de musique autrement n’est pas forcément synonyme de cassure rythmique toutes les dix secondes pour inspirer l’auditeur.

Presque anachroniquement, on retrouve chez les Italiens une approche très grunge (« Stay Alive » ou « Quit » lorgnent vraiment du cote d’Alice In Chains). Une caractéristique qui pourrait paraître obsolète si elle n’était ici exprimée à travers une production boostée aux hormones, version Coheed and Cambria. Les morceaux au format court (comprendre normal dans nos pages) sont percutants et suffisamment divers pour aiguiser la curiosité. Totalement orienté métal dans son enveloppe, Shades of Clarity ne renie pas des influences comme Tool digérées ici sous une forme bien plus abordable (l’intro de « Happy Road »). Ce qui distingue peut-être cette production d’autres du même genre est la bonne association entre des riffs puissants et directs (le solo étant ici une espèce en voie de disparition, excepté sur un titre) et l’ouverture mélodique du chant. Certains crieront à la redite (la référence Alice In Chains toujours et encore, Deftones, un peu) mais ce serait oublier l’aspect engageant donné aux compositions, là où le groupe de Seattle exprimait le plus souvent le malaise d’un métal nauséeux.

Plus positif donc et définitivement compatible avec la playlist de votre petite sœur un peu rebelle, un peu emo. Tiens, «  Lonely Place » ressemble même à Korn finalement, en particulier le chant, et on a même le droit à la ballade rock standardisée pour les ondes (« Carry Me Down », vraiment sirupeuse pour le coup, toutes cordes dehors). Un autre bon point : la section rythmique implacable, en particulier la batterie plus aboutie encore que sur leur précèdent et premier album Trudging down your soul. Efficace sans être inoubliable, léger donc parfait pour l’été !

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