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01 Août 2014

Tim Bowness

Abandoned Dancehall Dreams

par Ancestor

Tim Bowness a élaboré avec No-Man, entre 1993 et 2008, six albums franchement recommandables. Steven Wilson, un autre membre de ce groupe, prend en charge le mixage d’Abandoned Dancehall Dreams et y participe en tant que multi-instrumentiste. Une telle conjoncture s’est naturellement révélée favorable à la présence de quelques musiciens de No-Man et d'invités de prestige tels que Pat Mastelotto à la batterie (King Crimson) et Colin Edwin à la basse (Porcupine Tree). Cela dit, il est aussi impératif de savoir que le citoyen Bowness a à son actif une œuvre magnifique, l’extrêmement mélancolique Memories of Machines, où l’on retrouve par exemple Robert Fripp et Peter Hammill... Rien que ça.

Tim, depuis l’origine, fabrique une musique intimiste, soignée, d'une intensité émotionnelle insolite. Sa voix, tendre et presque irréelle, participe énormément à l'aspect atmosphérique de ses ritournelles. Il murmure les mots plus qu'il ne les chante. Cependant il peut surprendre, prendre à contre-pied, brouiller les pistes. Et ne s’en prive guère, dès « The Warm-up Man Forever », un titre soumis à un rythme tribal inhabituel, une basse grondante, une ardeur permanente, encore accentuée par un solo torturé. « Smiler At 50 » change la donne en revenant à un tempo plus lent. Cependant, s'il s'égrène sous la houlette d'un duo piano / violon d'un romantisme magnétique, il se termine dans une envolée épique et sinistre. Il n'empêche, il est nécessaire d'apprécier les ambiances apaisantes, la nostalgie tranquille, parce que globalement cet album évolue dans la quiétude, peuplé de voix en échos, de claviers lointains, d'arpèges légers (« Songs Of Distant Summers », « Smiler At 52 », « I Fought Against The South »…). Malgré cela, chaque morceau apporte sa propre marque, comme « Waterfoot », empreint d’un zeste d’espoir imprévisible, ou le superbe solo à la Guthrie Govan de « Dancing For You ». L’album se clôt sur une formule obsédante, avec percussions, guitare un brin dissonante, climat étrange…

Abandonned Dancehall Dreams est à l'image de sa pochette, quelque peu désuet, à la fois artistique et kitch, néanmoins, il en émane un charme irrésistible. Merci, Tim, pour ce moment rare et enchanteur.

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