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31 Juillet 2014

Superdrama

The Promise

par Florent Canepa

Il y a comme un petit air de Flower Kings dans Superdrama. Une filiation qui exprime ses lettres de noblesse au travers d’un rock progressif rétro mais pas ringard. Plus fantasque peut-être que leurs cousins suédois, définitivement symphonique, le hammond rugissant, la basse vrombissante, le groupe nous fait une promesse : celle de respecter avec entrain l’esprit seventies véhiculé par des Rolls du genre, de Genesis à King Crimson.

Même si cela fait déjà dix ans que les Allemands se sont rencontrés et ont formé l’entité superdramatique, nous écoutons ici leur toute première livraison. Et force est de constater qu’on a plus affaire à une équipe confirmée qu’à une bande de débutants. Sans doute parce que les musiciens vont un peu plus loin que leurs influences fondamentales, n’hésitant pas à flirter avec Bowie («  ;In Love for a day », la voix étant là pour le rappeler), Iron Butterfly (les accentuations) ou le rock FM d’un Saga sur le (un peu) long morceau titre. Le propos est parfois bavard en effet (« Evening the odds ») mais reste piloté très sereinement, notamment grâce à des ruptures rythmiques jamais vulgaires. On y retient le jeu toujours très juste de Michael Hahn aux guitares qui a l’avantage de ne jamais se prendre pour un héros, que ce soit en mode acoustique ou en dialogue électrique.

C’est sans doute ce mélange de retenue et de simplicité qui permet à Superdrama d’esquiver intelligemment la prétention, malgré la construction parfois complexe de certaines pièces (« Healing Earth », proche de Yes avec son joli passage à la flûte). A recommander plus à ceux qui regardent dans le rétroviseur, The Promise restera à plusieurs égards une bonne surprise qui, si elle ne déclenche pas l’hystérie collective, a le mérite de ne jamais verser dans la pure et pâle copie. Sous influence donc mais pas sous respirateur artificiel.

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