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24 Juillet 2014

Utopium

S/T

par Florent Canepa

Quatuor parisien, mais en réalité pluriculturel, Utopium (à ne pas confondre avec un groupe de grindcore portuguais) poursuit sa route autoproduite avec un troisième album en forme d’hexagone. Solide sur ses fondamentaux, le groupe aime se lover dans du coton atmosphérique, feuilletant sympathiquement le post-goth Cure (franchise basse-batterie à l’appui), Slint et les Smashing Pumpkins (la voix du chanteur d’origine russe... un peu). Même et surtout Ride avec cet aspect très noisy que les musiciens cherchent à générer, le tout demeurant finalement propre et précis.

Une fois encore, la production n’offre pas le meilleur vernis : l'énergie s'étouffe régulièrement dans une batterie (un peu) monotone et un jeu d’ambiance qui prend, puis perd l’auditeur. D’étonnants soubresauts (le pop et finalement entraînant « Stardust ») stimulent la foi. N’a toutefois pas la puissance d’un Oceansize ou la maturité mélodique d’un Pineapple Thief qui veut, nous sommes d’accord.

Là, non, il faut venir chercher quelque chose d’authentique, l’esprit de prise directe et inspirée qui nous invite à les suivre et laisse place à la rêverie. Plat parfois, mais jamais trop nébuleux, Utopium possède aussi ce petit côté britannique, alternatif dans ses gênes et ses gestations. Nous sommes à une frontière où le progressif se lit plutôt en forme de sticker : “Un Jesus & Mary Chain progressif” (comprendre moins ennuyeux). On dit souvent beaucoup de bien de la Belgique sur ce terrain là, mais Utopium vient défendre les couleurs d’un rock planant, droit dans ses bottes, court dans ses artifices, forcément convaincant dans l’escalade instrumentale (« Volumen »). Si les références citées vous inspirent, cela vaut toujours le coup de découvrir, non ?

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